Chérif Kane est journaliste et écrivain mauritanien à Rouen. Auteur de « Migrants africains de Normandie » et Bakala, arrière-petit-fils Almamy Abdel Kader Kane ». Il vient de séjourner dans la capitale sénégalaise du 7 janvier au 10 février 2026. A Dakar, il rend visite à l’auteur de l’Aventure ambiguë chez lui, non loin du domicile de l’ancien président sénégalais Abdoulaye Wade.
A 98 ans, Tonton Cheikh Hamidou Kane est incontestablement le doyen de la grande famille Alpha Ciré Kane, son grand-père paternel. Le sens de cette visite chez l’oncle Cheikh Hamidou Kane qui porte directement le nom et l’héritage des Alpha Ciré par son père, relève d’une tradition peule qui recommande aux petits frères de rendre toujours visite aux aînés à chaque occasion qui se présente. La portée de cette visite, Tonton Cheikh Hamidou Kane et moi avons le même père adoptif Amadou Cheikh Hamidou Kane, père de Yaye Kane, son épouse. Ce dimanche 25 janvier 2026 est une date mémorable.
L’auteur de « Aventure ambiguë » m’a reçu chez lui,au premier étage de sa maison en compagnie de sa fille aînée Yéya Racine Kane et de mes deux cousins et frères Mamadou Lamine Kane et l’écrivain Hamidou Sall. Pendant un instant, l’un face à l’autre, je tendis mes deux mains en signe de respect et surtout de joie de le retrouver après presque une décennie d’absence comme deux voyageurs qui se reconnaissent, souriants tous les deux. La nostalgie des retrouvailles se lisait entre nos yeux et je ne cessais de bénir cette rencontre sans oser encore trop parler à cause de son âge. Même si le temps avait laissé ses traces, au fond de ces yeux un éclat particulier dans le regard. C’est comme s’il avait retrouvé la lumière ancienne, celle qu’il avait portée avec lui dans tous ses exils. A cet instant précis, L’Aventure ambiguë me traversa l’esprit. Je pensais que ce livre de chevet m’avait accompagné pendant mes années d’études. À travers Samba Diallo, c’était lui que je voyais. J’avais compris que mon propre tiraillement entre l’Afrique et l’Occident était une expérience partagée. Mes deux mains ne le quittèrent pas.
Malgré l’âge avancé, Il garde toujours ce visage fin et serein, marqué par l’élégance discrète des anciens lettrés peuls et pointant un regard vif et une présence calme. Nous arrivâmes à la fin de cette rencontre avec la séance de bénédiction qui me combla encore de fierté d’appartenir à une lignée où l’on apprend que la vraie grandeur ne fait pas de bruit. Fier de porter son héritage, non comme un poids, mais comme une lumière. Je suis reparti ressourcer avec mes cousins et cousines comme si le temps lui-même acceptait de reprendre sa course.
Que Dieu le garde encore longtemps dans Sa paix, lui qui a toujours cherché la paix dans chaque mot.
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