Une route d’un kilomètre de long traverse les régions semi-désertiques de Mauritanie jusqu’à arriver à une crête rocheuse. Il n’y a là ni maisons ni plantes ; dans l’aridité de ces terres désertiques, presque rien ne survit.

Mais ceux qui osent parcourir le long itinéraire à travers un paysage lunaire profitent d’une vue extraordinaire : à la fin du trajet, entre les dunes du Sahara et les montagnes, on voit apparaître une oasis d’un vert éclatant, parsemée de petites maisons et de champs plantés de palmiers dattiers. C’est Maaden El-Evrave, ce qui signifie le “trésor de la connaissance” dans le dialecte local de l’arabe [le hassaniya, ou arabe dialectal mauritanien].

Le village, situé à plus de 370 kilomètres de Nouakchott, la capitale de la Mauritanie, a été fondé en 1975 par Mohamed Lemine Sidina, chef communautaire du soufisme, courant [mystique] modéré de l’islam qui incorpore [dans un contexte africain] bien souvent des traditions animistes africaines.

Égalité et esprit communautaire

Dans cette oasis fertile, Sidina a établi une colonie agricole dans laquelle les hommes et les femmes sont égaux. Aujourd’hui, Maaden héberge 300 familles, un chiffre qui croît d’année en année. Toutefois, l’égalité et le sentiment communautaire du village subissent des pressions : ses détract