Agence de Presse Africaine – De Dakar à Abuja, en passant par Bamako, Ouagadougou, Conakry, Abidjan, Niamey et Accra, l’actualité ouest-africaine de ce vendredi 2 janvier oscille entre récits sécuritaires sensibles, bilans présidentiels de fin d’année, annonces économiques structurantes et enjeux de gouvernance. Une région marquée par la volonté affichée de souveraineté, de résilience et de réformes profondes, à l’orée de 2026.
Au Sénégal, Seneweb replonge dans les coulisses de la sécurité nationale à travers un reportage consacré à la Brigade d’intervention polyvalente (BIP). L’ancien patron de cette unité d’élite, le commissaire Masserigne Faye, y revient sur trois affaires majeures qui ont marqué son commandement entre 2009 et 2013. De l’arrestation discrète à Dakar d’un proche d’Oussama Ben Laden en 2010, à la gestion des émeutes politiques de juin 2011 alors que le régime d’Abdoulaye Wade vacillait, jusqu’à l’épineux dossier Cheikh Béthio Thioune et la révolte des thiantacônes en 2013, le récit met en lumière une doctrine d’intervention fondée sur la ruse, la patience et l’évitement de l’affrontement direct, saluée jusque par le FBI, selon Les Échos repris par Seneweb.
Cette question sécuritaire fait écho, plus à l’est, aux discours de fermeté et de bilan dressés par les autorités de transition au Sahel. Au Mali, Maliweb rapporte le message de Nouvel An du président de la Transition, le général Assimi Goïta, qui se félicite d’une année 2025 marquée par la résilience économique malgré les sanctions et par des avancées dans la reconquête du territoire. Il réaffirme pour 2026 la primauté de la souveraineté, la lutte contre le terrorisme, l’industrialisation, l’amélioration du pouvoir d’achat et la lutte contre la corruption, tout en appelant les Maliens à l’unité autour du projet du « Mali Kura ».
Dans la même dynamique, Sidwaya consacre une large place à l’adresse à la Nation du président burkinabè, le capitaine Ibrahim Traoré. Un discours fleuve dans lequel le chef de l’État détaille les opérations militaires menées en 2025, notamment l’opération Almasga, la reconquête de dizaines de villages, et le renforcement des capacités des forces armées et des VDP. Au-delà de la guerre, le président du Faso insiste sur les chantiers de 2026 : autosuffisance alimentaire revendiquée, industrialisation accélérée, réformes judiciaires intégrant les valeurs endogènes, digitalisation de l’administration, investissements massifs dans la santé, l’éducation technique, les infrastructures et l’énergie, ainsi qu’un repositionnement diplomatique assumé dans le cadre de l’Alliance des États du Sahel (AES).
C’est justement dans cet espace sahélien élargi que s’inscrit l’information relayée par Banouto. La Banque ouest-africaine de développement (BOAD) a mobilisé plus de 29 millions de dollars, soit environ 17 milliards de FCFA, auprès du Fonds pour l’environnement mondial (FEM) au profit du Bénin, du Burkina Faso et du Mali. Ces financements soutiendront des projets d’adaptation climatique, de restauration des terres dégradées et de résilience agricole et urbaine, illustrant une coopération régionale orientée vers la lutte contre le changement climatique et la valorisation durable des territoires.
Au Niger, l’accent est mis sur l’économie productive. Selon l’ANP, le ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, Mahamane Elhadj Ousmane, a inspecté l’Abattoir frigorifique régional intégré de Maradi (AFRIM). Bien que confronté à des contraintes techniques et financières, le projet est présenté comme un levier stratégique pour moderniser la filière bétail-viande, capter la valeur ajoutée localement et positionner le Niger comme exportateur de viande transformée et certifiée, avec à la clé des emplois industriels durables.
En Guinée, l’actualité est dominée par les suites de l’élection présidentielle. Africaguinee s’intéresse au remboursement de la caution électorale, fixée à 900 millions de francs guinéens. En application du Code électoral, seuls les candidats ayant obtenu au moins 5 % des suffrages peuvent prétendre à ce remboursement. Selon les résultats provisoires, seul Abdoulaye Yéro Baldé, crédité de 6,59 %, en dehors du vainqueur Mamadi Doumbouya, remplira cette condition, tandis que les autres candidats verront leur caution versée au budget national.
Plus au sud, en Côte d’Ivoire, Abidjan.net rapporte une annonce sociale très attendue : la prime spéciale de fin d’année des fonctionnaires sera versée en janvier 2026 à hauteur des deux tiers du salaire indiciaire. Une décision du président Alassane Ouattara présentée comme un geste de reconnaissance envers les agents de l’État.
Au Ghana, le ton est à la reprise en main économique. Pulse Ghana cite le président John Dramani Mahama, qui annonce une sortie « avec dignité » du programme du FMI. Dans son message de Nouvel An, il met en avant la baisse de l’inflation, la stabilisation monétaire, le retour de la confiance des investisseurs et la renégociation de la dette, tout en soulignant le rôle central de la jeunesse et des infrastructures dans la relance.
Enfin, au Nigeria, Punch attire l’attention sur les fragilités du secteur bancaire. Le retrait par la Banque centrale du Nigeria (CBN) des mesures de tolérance réglementaire héritées de la période Covid a provoqué une hausse des créances douteuses à environ 7 %, au-dessus du seuil prudentiel. Si la CBN se veut rassurante sur la solidité globale du système, elle met en garde contre les risques émergents et insiste sur la recapitalisation, la discipline de crédit et le renforcement de la supervision pour préserver la stabilité financière en 2026.
Source : Agence de Presse Africaine (APA)
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