Agence de Presse Africaine – Le bras de fer autour de la loi de finances rectificative au Sénégal, les opérations militaires au Mali, la coopération énergétique entre le Niger et l’Algérie, ainsi que de nouvelles orientations économiques en Guinée dominent l’actualité ouest-africaine. Les journaux évoquent également la prévention du paludisme au Burkina Faso, le rapprochement entre Dakar et Abidjan et la dépréciation du cedi ghanéen.
Au Sénégal, le débat autour de la loi de finances rectificative (LFR) de 2026 se poursuit après l’annonce du refus des députés du parti Pastef de voter le texte. Selon Seneweb, qui reprend des analyses publiées par Walfadjri, plusieurs spécialistes estiment que le président Bassirou Diomaye Faye dispose de mécanismes juridiques permettant de surmonter un éventuel blocage parlementaire et d’assurer la continuité de l’action publique.
L’enseignant-chercheur en droit à l’Université Cheikh-Anta-Diop de Dakar, Mor Fall, évoque notamment les articles 68 de la Constitution et 57 de la loi organique relative aux lois de finances. L’économiste Meïssa Babou estime, pour sa part, que la loi de finances rectificative sera exécutée, quelle que soit l’issue de la procédure de validation. Une autre option, fondée sur l’article 86, alinéa 6, de la Constitution, est évoquée par l’ancien ministre et journaliste Souleymane Jules Diop, mais elle pourrait exposer le gouvernement à une motion de censure.
Dans ce contexte de tensions politiques, le front social constitue un autre sujet de préoccupation pour les autorités sénégalaises. Pressafrik rapporte que le gouvernement a réaffirmé, lundi 19 octobre, sa disponibilité à poursuivre le dialogue avec les organisations syndicales, après l’annonce d’une grève générale de 72 heures par le Front syndical pour la défense du Sénégal, prévue les 21, 22 et 23 octobre.
Lors d’un point de presse, le porte-parole du gouvernement, Bakary Sarr, ministre de la Communication et des Relations avec les Institutions, a rappelé qu’une réunion du comité de pilotage tripartite du Pacte national de stabilité sociale pour une croissance inclusive et le développement s’était tenue le 15 octobre sous la présidence du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo. « Notre priorité est de poursuivre les échanges dans l’esprit de responsabilité et de recherche de solutions dans l’intérêt des travailleurs comme de l’ensemble de la population », a déclaré le ministre, appelant les centrales syndicales à privilégier le dialogue.
Sur le plan diplomatique, le Premier ministre sénégalais a effectué une visite d’amitié et de travail en Côte d’Ivoire. D’après Abidjan.net, Ahmadou Alhaminou Mohamed Lô a été reçu lundi par le président ivoirien Alassane Ouattara à sa résidence, à Abidjan. Le chef du gouvernement sénégalais lui a transmis les salutations du président Bassirou Diomaye Faye et évoqué les relations historiques entre les deux pays.
Les échanges ont notamment porté sur le renforcement des accords de coopération dans les domaines économique, sécuritaire et des politiques publiques. Cette rencontre illustre la volonté affichée par Dakar et Abidjan de consolider leurs relations bilatérales.
Au Mali, l’actualité est dominée par de nouvelles opérations aériennes contre des positions attribuées à des groupes armés terroristes. Dans un communiqué daté du 19 octobre, relayé par Maliweb, l’État-major général des armées annonce deux frappes de précision menées les 17 et 18 octobre dans le cadre de l’opération Dougoukoloko.
La première a visé une base située à 65 kilomètres au sud-ouest de Ménaka, où se trouvaient, selon l’armée, des combattants ainsi que du matériel de guerre et de logistique. La seconde a ciblé, le lendemain, un point de concentration de groupes armés localisé à 35 kilomètres au sud-ouest de Douentza. L’État-major indique que des opérations de reconnaissance se poursuivent afin d’évaluer les résultats des frappes et d’établir un bilan consolidé. Aucun bilan chiffré des pertes n’a été communiqué.
Au Burkina, les autorités sanitaires mettent en avant les résultats de la campagne de chimio-prévention du paludisme saisonnier destinée aux enfants. Selon Sidwaya, le secrétaire général du ministère de la Santé, le docteur Joël Arthur Kiendrébéogo, a supervisé, le 16 octobre, le quatrième et dernier passage de la campagne CPS+ au Centre de santé et de promotion sociale de Laye, dans la province du Kourwéogo.
Cette campagne, organisée du 15 au 18 octobre, cible environ 5,5 millions d’enfants à l’échelle nationale. Elle associe l’administration de médicaments préventifs au dépistage de la malnutrition, à la prise en charge des enfants fiévreux et à la sensibilisation des familles.
À Laye, le responsable du centre de santé, Issouf Sawadogo, a fait état d’une baisse du nombre de cas de paludisme enregistrés à la semaine épidémiologique 41 : 96 cas en 2024, contre 25 en 2025 et 14 en 2026. Cette évolution représente une diminution d’environ 85 % en deux ans. Les responsables sanitaires appellent toutefois à maintenir les efforts de prévention et le recours rapide aux soins, dans la perspective de l’objectif national d’élimination du paludisme à l’horizon 2030.
Au Niger, la coopération avec l’Algérie se renforce autour des hydrocarbures. L’Agence nigérienne de presse (ANP) rapporte que le président Abdourahamane Tiani a reçu lundi l’ambassadeur algérien au Niger, Saadi Ahmed, accompagné d’une délégation d’experts.
Selon le diplomate, les échanges ont porté sur les perspectives de coopération dans le secteur pétrolier et gazier, dans lequel l’Algérie entend faire bénéficier le Niger de son expérience. Il a notamment cité le puits de Kafra, dont le forage a été lancé le 13 août dernier par les Premiers ministres des deux pays. La rencontre s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement des relations bilatérales, les autorités nigériennes souhaitant élargir la coopération à différents secteurs d’intérêt commun.
En Guinée, le président Mamadi Doumbouya a créé la Société nationale du tabac (SNT), dotée d’un capital social de 100 milliards de francs guinéens, entièrement souscrit par l’État. Selon AfricaGuinée, le décret portant création de cette entreprise publique a été annoncé lundi 19 octobre.
Basée à Conakry, la société est chargée d’exercer le monopole de l’État sur la chaîne de valeur du tabac, notamment le contrôle des cultures, l’achat auprès des producteurs, la transformation industrielle ainsi que la régulation des importations et des exportations de produits finis. Elle devra également contribuer à la lutte contre la fraude et la contrebande, en collaboration avec les douanes et les services du ministère du Commerce.
La nouvelle structure sera administrée par un conseil de neuf membres représentant notamment la Présidence, plusieurs départements ministériels, les producteurs et des experts du secteur. Les opérateurs privés déjà présents sur le marché disposent d’un délai transitoire de six mois pour se conformer aux nouvelles dispositions et solliciter les licences ou conventions nécessaires.
Au Ghana, les marchés des changes font apparaître une nouvelle dépréciation du cedi face aux principales devises internationales. Pulse Ghana, citant les taux interbancaires moyens publiés par la Banque du Ghana le lundi 19 octobre, indique que le dollar s’échangeait à 11,6592 cedis à l’achat et à 11,6708 cedis à la vente.
Par rapport aux taux publiés le 16 octobre, les deux cours ont progressé de 0,0150 cedi. La livre sterling a enregistré une hausse plus importante, avec un taux d’achat passant de 15,4320 à 15,5370 cedis. L’euro s’est également apprécié, son taux d’achat passant de 13,0459 à 13,0904 cedis. Ces données correspondent aux taux interbancaires de référence et peuvent différer de ceux appliqués aux particuliers par les banques et les bureaux de change.
Source : Agence de Presse Africaine (APA)
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