Presse/Afrique de l’Ouest : arbitrages et urgences sécuritaires

De Dakar à Lagos, en passant par Bamako, Ouagadougou, Niamey, Conakry, Abidjan et Accra, l’actualité ouest-africaine de ce mardi 13 janvier est dominée par les débats économiques, les opérations sécuritaires, les politiques publiques à caractère social, les préparatifs politiques majeurs et les défis humanitaires liés aux déplacements forcés de populations.

Au Sénégal, la question de la dette publique alimente un débat de fond. Selon Seneweb, le Premier ministre Ousmane Sonko a écarté toute idée de restructuration de la dette du Sénégal, jugeant cette option inopportune malgré les recommandations du Fonds monétaire international. Une position contestée par l’économiste Pr Amath Ndiaye, cité par L’Observateur, pour qui une restructuration pourrait permettre une réduction des taux d’intérêt, un allongement significatif des maturités et l’introduction de périodes de grâce, voire d’une décote. Il précise toutefois qu’une telle démarche ne serait efficace qu’inscrite dans un cadre global associant un programme avec le FMI, une coordination avec la BCEAO et un plan rigoureux de redressement budgétaire fondé sur la réduction du train de vie de l’État et la protection de l’investissement productif (Seneweb).

Au Mali, la situation sécuritaire reste marquée par la poursuite des opérations militaires. Maliweb rapporte que les vecteurs aériens des Forces armées maliennes ont mené trois frappes contre des regroupements de groupes armés terroristes dans les régions de Dioila et de Kidal. Selon l’État-Major général des Armées, ces opérations ont permis la neutralisation de plusieurs combattants, la destruction de motos ainsi que d’un véhicule contenant des explosifs. Les FAMa annoncent également avoir déjoué une embuscade à Léré, dans la région de Tombouctou, avec la récupération d’armes, de munitions, de motos et d’engins explosifs improvisés.

Au Burkina Faso, l’actualité est marquée par la fin d’une immersion patriotique de nouveaux agents de l’enseignement supérieur. Sidwaya indique que 203 assistants universitaires et attachés de recherche, recrutés par l’État, ont achevé un mois de formation civique, patriotique et militaire au centre de Loumbila. Présidant la cérémonie, le ministre de l’Enseignement supérieur, Adjima Thiombiano, a salué une première expérience visant à renforcer l’ordre, la discipline et le patriotisme chez les enseignants-chercheurs, appelés à transmettre ces valeurs à leurs apprenants.

Au Niger, les autorités régionales ont pris une mesure sécuritaire forte. Selon l’Agence nigérienne de presse (ANP), le gouverneur de la région de Tahoua a signé un arrêté interdisant la circulation des motos, de jour comme de nuit, dans les communes de Tchintabaraden et de Kao pour une durée de trois mois. L’arrêté précise que cette interdiction entrera en vigueur à compter du 22 janvier 2026.

En Guinée, les préparatifs de la prestation de serment du président Mamadi Doumbouya, prévue le 17 janvier, s’intensifient. Africaguinee rapporte que le chef de l’État a effectué une visite inopinée au Poste de Commandement Opérationnel de Sécurité Intérieure, où il a donné des instructions fermes en matière de sécurité et de fluidité des déplacements. Le dispositif repose sur un commandement unifié, une coordination renforcée entre les forces de défense et de sécurité et une gestion rigoureuse des flux afin d’assurer une cérémonie sans incident.

En Côte d’Ivoire, l’amélioration de l’accès à l’eau potable est mise en avant. Selon Abidjan.net, la mise en service d’une nouvelle usine de traitement d’eau à Grand-Lahou, construite en 2023, a permis de porter la production quotidienne à 3 500 m³ et d’assurer désormais une desserte complète de la population. Cette réalisation s’inscrit dans le cadre du projet des 12 villes visant à résorber le déficit en eau potable dans plusieurs localités du pays.

Au Ghana, le gouvernement met en avant un assainissement du secteur énergétique. Pulse Ghana rapporte que l’administration du président John Dramani Mahama a apuré une dette énergétique de 1,47 milliard de dollars et rétabli une garantie partielle de risque de 500 millions de dollars de la Banque mondiale. Selon le ministère des Finances, ces mesures ont permis de stabiliser la production d’électricité, de régler les arriérés dus aux producteurs indépendants et de restaurer la crédibilité financière du pays auprès de ses partenaires internationaux.

Enfin au Nigéria, la situation humanitaire demeure préoccupante. Punch révèle qu’au moins 21 807 réfugiés et demandeurs d’asile étrangers ne sont toujours pas enregistrés, les privant d’accès à l’aide alimentaire, aux soins de santé et aux services essentiels du HCR. La majorité de ces personnes proviennent des régions anglophones du Cameroun. Les Nations Unies évoquent des retards liés au manque de personnel, aux contraintes sécuritaires et aux difficultés logistiques, dans un contexte où le Nigeria accueille également plus de 3,5 millions de déplacés internes.

Source : Agence de Presse Africaine (APA)

Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com

Quitter la version mobile