AFP – Les garde-côtes mauritaniens ont annoncé jeudi avoir secouru mardi plus de 160 migrants, dont 17 enfants, après une panne de moteur au large de la Mauritanie, où des centaines de migrants ont été secourus ou portés disparus en mer ces derniers mois.
A la recherche d’un avenir meilleur en Europe et au péril de leur vie, de nombreux Africains tentent de rejoindre clandestinement le continent, les pays européens ayant drastiquement restreint la délivrance de visas et renforcé les contrôles à leurs frontières.
Pour la plupart originaires du Sénégal, de Gambie, de Guinée et du Mali, des centaines de migrants ont été secourus ces derniers mois au large de la Mauritanie, tandis que des centaines d’autres sont morts ou portés disparus dans des naufrages.
La pirogue secourue mardi, en provenance de Gambie, transportait 99 Sénégalais, dont six femmes et deux enfants. Les autres occupants étaient 56 Guinéens, dont trois hommes, 38 femmes et 15 enfants. Six Gambiens, dont deux hommes et quatre femmes, étaient également à bord, selon un communiqué publié sur la page Facebook des garde-côtes mauritaniens.
« L’embarcation avait pris la mer depuis Banjul, la capitale de la Gambie, et avait navigué pendant environ huit jours en haute mer avant d’être repérée par les unités des garde-côtes, qui sont intervenues pour secourir toutes les personnes à bord », ajoute le communiqué.
« Tous les occupants de la pirogue sont sains et saufs, mais particulièrement éprouvés par le voyage et la précarité de leur embarcation, qui avait déjà un problème de moteur », ajoute-t-on.
Les 161 migrants ont été « pris en charge et les mesures nécessaires ont été prises avant leur transfert vers le centre d’accueil de Nouakchott », la capitale de la Mauritanie, poursuit le communiqué.
Centre d’accueil temporaire
Les migrants sont généralement acheminés après leur sauvetage vers un centre temporaire d’accueil (CTA), où ils sont pris en charge par des organisations humanitaires, avant que leur situation ne soit examinée.
Plus de 300 migrants, dont 40 enfants, « dans une situation humanitaire difficile », ont été secourus dans la nuit du 19 au 20 août par les garde-côtes mauritaniens, alors que leur pirogue surchargée était à la dérive.
Partie de Gambie, la pirogue en bois transportait 315 personnes, dont 191 Sénégalais, parmi lesquels trois femmes et 29 enfants, 123 Gambiens, dont 40 femmes et 11 enfants, ainsi qu’un Malien, selon les garde-côtes mauritaniens.
Mi-août, 42 migrants originaires de Gambie et du Sénégal, dont des femmes et des enfants, avaient été secourus par les garde-côtes mauritaniens alors que leur embarcation dérivait après une panne de moteur.
En juillet, 144 personnes étaient mortes ou portées disparues en mer après le départ d’une embarcation de Gambie avec environ 190 personnes. Elle avait été secourue le 18 juillet « après avoir dérivé pendant près de 25 jours sur l’océan Atlantique », selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR).
Des milliers de personnes originaires d’Afrique de l’Ouest, en majorité des jeunes, tentent depuis des années de gagner clandestinement l’Europe en empruntant la périlleuse route de l’Atlantique, principalement vers l’archipel espagnol des Canaries, à bord d’embarcations surchargées et souvent vétustes.
Des milliers de personnes sont mortes ou ont disparu en tentant de rejoindre ainsi l’Europe ces dernières années.
Le renforcement récent des contrôles en mer au Sénégal, en Mauritanie et au Maroc a poussé les départs de pirogues vers les Canaries vers le sud, depuis les côtes de Gambie, de Guinée-Bissau ou de Guinée, allongeant encore la durée des traversées et accroissant les risques pour les migrants.
La Mauritanie a signé en 2024 un partenariat avec l’Union européenne visant notamment à renforcer le contrôle des frontières et à lutter contre l’immigration irrégulière.
Une enveloppe de 210 millions d’euros allouée par l’Union européenne finance notamment la surveillance des frontières, le renforcement des capacités de sauvetage en mer, la lutte contre les réseaux de trafiquants ainsi que des projets de développement.
Source : Seneweb (Sénégal)
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