La dernière et épouvantable CAN ne nous révèle rien qu’on ne savait déjà mais qu’on a choisi d’ignorer. Qu’il existe bien deux Afriques et un mur. Qu’au-delà des proclamations d’usage, ces deux parts d’Afrique restent cloisonnées. Que la fraternité et la sororité qui y sont célébrées à longueur de discours frisent souvent l’incantation.
Qu’au rayon strictement sportif, la CAN est, de toutes les compétions de dimension comparable, celle qui laisse le plus libre cours à des passions et à des pulsions douteuses en libérant les dérives qui vont avec. L’ultra-nationalisme et le racisme n’en sont pas les moindres.
Qu’au diapason des instances dirigeantes du football mondial, la CAF, pendant africain, est loin d’être au-dessus de tout soupçon. Que l’imaginaire et l’univers des supporters, expressions plus authentiques du réel, sont pollués et éloignés des rhétoriques aseptisées des chancelleries. Que les dirigeants politiques même n’en sont pas toujours exempts. Que les dérives fréquentes de l’arbitrage ne sont que l’emblème des maux du continent. Et tout cela est bien dommage ! La CAN aurait pu être ce que ne sont ni l’UA ni la Zlecaf : l’expression sportive à hauteur de citoyen d’un panafricanisme des peuples. Une manière de Fespaco du foot.
Tijane BAL pour Kassataya.com
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