Niamey – Des chants pour reprendre langue avec le haoussa, ce parler africain aux lointaines origines asiatiques

Vidéo - Parlé essentiellement au Nigeria et au Niger, le haoussa rassemble près de 50 millions de locuteurs à travers l’Afrique de l’Ouest et centrale. Pour préserver cette langue dont les règles empêchent de prédire la forme du pluriel d’un mot à partir de son singulier, une Journée mondiale a été lancée en 2015, célébrée cette année à Niamey au rythme des chants traditionnels.

Le 360.ma – Pour la première fois, l’hymne national du Niger, ainsi que celui de l’Alliance des États du Sahel, a été interprété en langue haoussa, devant les autorités administratives et coutumières. C’était lors de la 11ème édition de la Journée mondiale de la langue haoussa, célébrée le 8 septembre au Palais des Sports de Niamey autour du thème de la «Contribution de la chanson traditionnelle à la vulgarisation et à la promotion de la langue haoussa».

«Le Haoussa n’est pas seulement une langue que nous parlons, c’est une langue à travers laquelle nous pensons, transmettons, enseignons, racontons notre histoire et exprimons nos valeurs. Au Niger sa place est particulièrement remarquable», explique Ali Ben Salah, ministre de la Refondation du Niger.

En dehors du Niger et du Nigeria, qui concentrent l’essentiel des 50 millions de locuteurs, «le pays haoussa proprement dit s’étend à cheval sur la frontière entre le Niger et le Nigeria, mais des communautés haoussa se sont implantées au Soudan, au Cameroun, au Togo et au Ghana», nous apprend, entre autres sources, un document traitant de sciences de l’Homme et de la Société destinée à la diffusion d’articles scientifiques, et selon lequel «le berceau du peuple haoussa est la montagne de l’Aïr, au Niger».

 

Plusieurs sources font remonter les origines du haoussa aux familles des langues afro-asiatiques. Ce parler appartient au groupe des langues tchadiques occidentales, ce qui la lie lointainement à des langues comme l’arabe, le berbère ou l’hébreu.

Pour rassembler ces millions de locuteurs haoussa, une Journée mondiale a été lancée en 2015 pour la préservation de cette langue dont les règles grammaticales «empêchent de prédire la forme du pluriel d’un mot à partir de son singulier», précise la même étude.

Cette 11ᵉ édition met un accent particulier sur la contribution de la musique traditionnelle à la vulgarisation et à la promotion de la langue haoussa.

«Les chants traditionnels ont de tout temps accompagné la vie en milieu haoussa. Voilà les raisons pour lesquelles on a considéré que le chant devait être le thème de cette onzième édition», explique Mamane Bachar, membre du comité d’organisation.

Le coup d’envoi est donné à trois jours d’activités culturelles riches et variées autour de cette langue qui s’est enrichie au grès des évènements historiques: emprunts anciens aux langues voisines ; aux langue colonisatrices pour les emprunts récents comme l’anglais (Nigeria) et français (Niger) pour la technologie, mais surtout, arabe pour la sphère politique, religieuse et intellectuelle.

Aboubacar Sarki (Niamey, correspondance)
Source : Le 360.ma (Maroc)

 

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