Naturalisation en Mauritanie : un record en 2025, sur fond de controverses persistantes sur l’état-civil

Le Calame  – En 2025, la Mauritanie a accordé la citoyenneté à trente-et-une personnes, un chiffre inédit comparé aux années précédentes, marquées par des naturalisations d’étrangers particulièrement limitées.

L’octroi de la nationalité a été officialisé par décret présidentiel, signé par le président Mohamed ould Ghazouani et le ministre de la Justice. Selon les données disponibles, les nouveaux citoyens mauritaniens sont issus de treize pays répartis sur trois continents, témoignant d’une diversification notable des origines.

Le Maroc et la France arrivent en tête, avec six naturalisations chacun, suivis du Sénégal, qui occupe la deuxième place avec trois ressortissants naturalisés. La troisième position est partagée par la Tunisie, la Palestine, la Russie et le Mali, avec deux naturalisations par pays. En quatrième position figurent l’Algérie, la Syrie, le Portugal, la Guinée, l’Italie et l’Espagne, chacun comptant un ressortissant ayant obtenu la nationalité mauritanienne.

À titre de comparaison, la Mauritanie avait accordé, en 2024, la citoyenneté à quinze ressortissants de six pays africains — le Maroc, le Sénégal, la Tunisie, le Mali, l’Algérie et la Guinée — ainsi qu’à dix ressortissants de cinq pays européens, à savoir la France, l’Espagne, l’Italie, le Portugal et la Russie. L’année 2025 se distingue également par l’intégration de ressortissants de pays asiatiques, avec la naturalisation de trois personnes originaires de la Palestine et de la Syrie, confirmant l’élargissement géographique des pays d’origine des nouveaux citoyens.

Cependant, cette dynamique contraste avec une situation toujours irrésolue concernant certains citoyens mauritaniens noirs qui peinent à recouvrer leurs documents d’état civil depuis leur déportation vers le Sénégal lors des événements de 1989. Des organisations de défense des droits humains dénoncent les conséquences de l’enrôlement biométrique, qualifié par le mouvement « Touche pas à ma Nationalité » de « génocide biométrique », estimant que ce processus a laissé de nombreux Mauritaniens sans papiers. Selon ces organisations, des citoyens restent, jusqu’à présent, privés de documents d’état-civil, les empêchant de jouir pleinement de leurs droits fondamentaux, notamment l’accès aux services publics et à la reconnaissance juridique. Malgré les réformes engagées, le problème demeure entier, alimentant un débat récurrent sur l’égalité d’accès à la citoyenneté et aux droits civiques en Mauritanie.

 

 

Source : Le Calame (Mauritanie)

 

 

 

Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com

Quitter la version mobile