Moyen-Orient – L’Iran perce la défense antiaérienne israélienne et frappe ses sites nucléaires

L’Iran a frappé samedi deux villes du sud d’Israel, situées à proximité d’un centre stratégique de recherche nucléaire dans le désert du Néguev, faisant plus de 100 blessés. Pour la presse internationale, cela prouve que Téhéran “est toujours en mesure d’infliger des dégâts” et que sa “hiérarchie militaire fonctionne encore”.

Courrier international – Plus de 100 personnes ont été blessées samedi par des frappes iraniennes dans les villes de Dimona et Arad, dans le sud d’Israël, “après que les défenses aériennes israéliennes ont échoué à intercepter au moins deux missiles balistiques”, rapporte The Times of Israel.

“Les médias d’État iraniens ont affirmé que ces frappes visaient le centre de recherche nucléaire israélien, situé à environ 10 kilomètres de Dimona et 30 kilomètres d’Arad, en représailles à une attaque américaine présumée contre le site d’enrichissement d’uranium iranien de Natanz, survenue plus tôt dans la journée”, précise le titre israélien.

L’Iran a imputé cette attaque aux États-Unis et à Israël, bien que l’armée israélienne ait démenti toute implication. Les États-Unis n’ont ni confirmé ni démenti.

Selon les services d’urgence israéliens, “au moins 27 personnes ont été blessées à Dimona, dont un adolescent qui a subi de graves blessures causées par des éclats provenant de l’impact du missile”, détaille Ha’Aretz. “À Arad, environ 84 personnes ont été blessées, dont dix se trouvent dans un état grave”.

Ces frappes iraniennes, qui ont réussi à “déjouer les redoutables défenses aériennes” de l’État hébreu, “démontrent que Téhéran est toujours en mesure d’infliger des dégâts, même après trois semaines de frappes aériennes dévastatrices menées par les États-Unis et Israël”, observe The New York Times.

“Dynamique de représailles”

“Si le régime israélien est incapable d’intercepter des missiles dans la zone hautement protégée de Dimona, cela marque, sur le plan opérationnel, l’entrée dans une nouvelle phase de la bataille”, n’a pas manqué de claironner dans la soirée Mohammad Bagher Ghalibaf, président du Parlement iranien, cité par Politico.

De fait, avec ces frappes sur Arad et Dimona, “les Gardiens de la révolution ont atteint une cible supplémentaire : prouver que la hiérarchie militaire fonctionne encore et que certaines cibles ne sont pas choisies au hasard”, renchérit Il Corriere della Sera.

“Téhéran souhaite maintenir une dynamique de représailles”, explique au quotidien italien l’expert Danny Citrinowicz. “C’est la loi du talion : ce que vous nous faites, nous vous le ferons. Et pire encore. Ils renforcent leur capacité de dissuasion, il ne s’agit pas de représailles aléatoires”.

Al-Jazeera a parlé à Abas Aslani, chercheur au Centre d’études stratégiques sur le Moyen-Orient à Téhéran, qui estime lui aussi l’Iran adopte une approche “œil pour œil, dent pour dent”, conçue pour rétablir la dissuasion.

“Téhéran souhaite réduire l’écart entre les paroles et les actes”, déclare-t-il, ajoutant que “l’objectif de l’Iran était de rendre ses menaces suffisamment crédibles pour instaurer un nouveau dispositif de sécurité à long terme — non pas simplement pour imposer un cessez-le-feu, mais pour instaurer la dissuasion”.

Soirée “très difficile” pour Israël

Le Centre de recherche nucléaire Shimon Peres du Néguev, à Dimona, “est souvent désigné, dans le langage courant, sous le nom de “réacteur de Dimona”. Il est communément admis qu’il abrite l’arsenal d’armes nucléaires non déclaré d’Israël”, explique la BBC.

“Officiellement, le site est censé se consacrer exclusivement à la recherche”, poursuit le diffuseur. “Toutefois, depuis près de six décennies, c’est un secret de Polichinelle qu’Israël y a mis au point une bombe nucléaire, même si chaque gouvernement successif a maintenu une position d’ambiguïté à ce sujet”.

“De ce fait, Israël demeure la seule puissance nucléaire du Moyen-Orient. Par conséquent, tout signe indiquant qu’il est pris pour cible est traité avec le plus grand sérieux par l’État hébreu”, remarque le média britannique.

“Ce fut une soirée très difficile dans la bataille pour notre avenir”, a reconnu samedi soir le Premier ministre Benyamin Nétanyahou, cité par The Jerusalem Post. “Nous sommes déterminés à continuer de frapper nos ennemis sur tous les fronts”, a-t-il assuré.

Source : Courrier international (France)

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