Mauritanie : une fiscalité dérogatoire hypertrophiée

Le rapport sur les dépenses fiscales 2024 qui chiffre ces pertes à 176 milliards MRO (anciennes ouguiyas) est alarmant. Pour les observateurs c’est un manque à gagner massif et structurel pour le trésor public mauritanien.

La gravité de cette révélation du ministère des finances est une mauvaise nouvelle pour les Mauritaniens pour 2026 parce que ces pertes réduisent fortement la capacité de l’État à financer l’éducation, la santé, les infrastructures ou la justice. Des secteurs en souffrance bien avant 2019. Cela signifie que plus d’un quart de la fiscalité potentielle est abandonné avant même d’être collecté. Ce niveau est exceptionnellement élevé pour un pays à faible pression fiscale et à besoins sociaux importants. Il y a trop de mesures fiscales dérogatoires plus de 1000 issues de sources juridiques différentes. Cela conduit à une prolifération des dérogations. Ce manque de discipline budgétaire est un signe de gouvernance fiscale faible. In fine c’est la dépendance aux importations qui est pointée du doigt avec 86 pour cent des pertes provenant de la fiscalité. Cela révèle une vulnérabilité structurelle : la Mauritanie dépend trop de la taxation du commerce extérieur. La réalité c’est que l’État ne dispose pas d’un système d’information fiscal fiable.

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 02 janvier 2026)

 

 

 

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