En annonçant la souveraineté éducative acquise avec la réforme de 2022, la ministre de l’Education nationale relance la question linguistique en Mauritanie, le cœur du système éducatif.
Depuis l’indépendance en 1960, les politiques éducatives oscillent entre une arabisation forte, un bilinguisme arabe–français et enfin une marginalisation des langues nationales (pulaar, soninké, wolof). Et depuis la réforme de 2022, les élèves non arabophones sont désavantagés dès l’entrée à l’école, le français, jadis langue officielle, est devenu quasi résiduel et les langues nationales restent cantonnées à des expérimentations marginales. Cette réforme est donc imposée d’en-haut, sans consensus.
En annonçant la souveraineté éducative acquise depuis 2022, la ministre de l’Education nationale oublie que l’école républicaine ne peut réussir sans un travail profond sur la justice sociale et la reconnaissance des identités. Cette annonce reste un slogan et prisonnière des contradictions historiques du pays. Une école républicaine garantit l’égalité linguistique. Depuis 2019, Ould Ghazouani entend parachever l’arabisation en Mauritanie.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 13 avril 2026)
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