Les récentes arrestations en France et en Belgique ont mis en lumière un réseau où des fortunes se construisent dans l’ombre.
En quelques décennies, la Mauritanie est devenue une terre d’accueil des flux illicites et où l’argent sale circule plus vite que la loi. Parce que les élites économiques et politiques profitent de cette opacité. C’est le sens et la portée des récentes arrestations en France et en Belgique de ressortissants mauritaniens à la suite d’une enquête sur le blanchiment d’argent. Pendant que certains blanchissent des millions d’euros, des familles mauritaniennes en France vivent dans des foyers insalubres, des jeunes survivent avec des petits boulots, des étudiants se battent pour payer leurs frais d’inscription. Et à Nouakchott, des familles vivent dans la pauvreté, des milliers d’ enfants ne vont pas à l’école ou meurent de malnutrition, la drogue coule à flot dans les quartiers populaires. Le blanchiment d’argent n’est pas seulement un crime financier. C’est une attaque contre la République. Le réseau mauritanien n’a pas prospéré par hasard. Il a profité de sociétés-écrans faciles à créer en Belgique. Et derrière ce réseau se cache une économie de survie et de rente. Le blanchiment mauritanien est le symptôme d’un double échec : celui de l’Europe à protéger les plus vulnérables, et celui de la Mauritanie à construire une économie transparente.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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