Dans un contexte de tensions internationales, les stocks de riz cumulés des deux campagnes 2024 et 2025 suscitent des polémiques. Les observateurs s’interrogent sur ce paradoxe qui laisse apparaître plus de production de riz dans la vallée mais sur fond de crise de débouchés.
En effet, la production de riz est en nette augmentation de plus de 25 pour cent pour la campagne de 2025 par rapport à 2024. Les stocks non écoulés sont énormes, environ 106 000 tonnes de riz local non vendus les deux campagnes. Ce surplus est un calvaire pour les usines sous pression financière qui arrivent difficilement à écouler le riz. Le paradoxe des rizeries c’est qu’elles dépendent quasi-entièrement de l’Etat qui fixe son prix. Les achats publics en nette diminution font que les agriculteurs produisent moins. Cette politique agricole est orientée vers l’offre, pas vers le marché. La Mauritanie a beaucoup investi sur les périmètres irrigués et les rendements mais pas dans la structuration du marché local qui reste plus administré que commercialisé. La crise actuelle des usines est donc le symptôme d’un écosystème inachevé, où la souveraineté alimentaire reste dépendante notamment des achats publics.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 30 mars 2026)
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