L’apaisement politique en Mauritanie est devenu depuis 2019 un leitmotiv du discours présidentiel et du gouvernement. Il renvoie à l’idée de réduire les tensions toujours persistantes après les élections entre la majorité et l’opposition, la société civile et les acteurs sociaux.
Les observateurs sont gavés depuis plus de six ans de discours d’apaisement qui laisse planer des flous oscillant entre une volonté de décrispation et une stratégie de gestion du temps comme en témoigne le dialogue politique en gestation depuis la réélection de Ould Ghazouani en 2034. Cette ambiguïté rend l’apaisement difficile et invite le pouvoir à tirer les leçons des précédents dialogues. Ses discours restent assez souvent réactifs ne s’attaquant pas aux causes profondes du malaise politique et social. Les inégalités résultent d’une politique de discrimination envers les deux composantes nationales qui représentent plus de la moitié de la population.
L’accès à la justice, aux soins, aux services publics reste difficile pour les populations démunies alors que l’élite politique et le patronat se partagent les richesses du pays créant ainsi un fossé entre les riches et les populations des périphéries de Nouakchott qui abrite plus d’un tiers de la population. Certaines réformes au niveau de l’administration de la justice et de la décentralisation apparaissent comme des signaux d’apaisement mais leur mise en œuvre souffre de lenteur et d’un manque de transparence. Le plus souvent le citoyen est oublié au profit de considérations tribales et clientélistes. L’apaisement politique devient ainsi une gestion des tensions plutôt qu’une transformation. Autrement dit un apaisement de surface, insuffisant dans sa profondeur.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 31 janvier 2026)
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