L’irruption artificielle du “troisième mandat” dans l’actualité politique au moment précis où s’enclenche le processus d’ouverture du dialogue national n’est ni fortuite ni innocente.
Elle procède de la même logique que celle qui, par le passé, a conduit à l’échec ou au sabotage des précédentes tentatives de dialogue : l’État profond.
Chaque fois que le pays s’approche d’un moment de clarification nationale, chaque fois que se dessine la possibilité d’un consensus sur les questions essentielles — gouvernance, justice, cohésion sociale, réformes institutionnelles — une mécanique bien connue se met en marche : introduire un faux débat, émotionnel, polarisant, juridiquement creux mais politiquement explosif, afin de déplacer le centre de gravité du dialogue.
Le “troisième mandat” joue ici exactement ce rôle :
– détourner l’attention des véritables enjeux,
– reconstituer des lignes de fracture artificielles,
– réactiver les peurs et les suspicions,
– et, in fine, empoisonner le dialogue avant même qu’il ne commence.
Ce n’est pas un débat constitutionnel. C’est une manœuvre de diversion. L’objectif n’est pas de modifier la Constitution sur une clause non modifiable mais d’empêcher que le dialogue national ne produise des règles nouvelles, contraignantes et assainissantes pour le système et ses tenants, enfouis dans les profondeurs tant du pouvoir que de l’opposition.
Car un dialogue sérieux menace toujours les rentes de l’opacité d’où qu’elles puissent se tapir et proliférer, en silence ou avec tapage. Cette fois pourtant, la manœuvre est visible. Et elle ne doit pas réussir. La responsabilité historique des acteurs politiques est de refuser les pièges, d’ignorer les diversions et de ramener le débat sur l’essentiel. Le reste n’est que bruit et gromellement.
Gourmo Abdoul Lô
1er février 2026
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