Le Calame – Après la Cour des Comptes dont a été publié, l’année dernière, le rapport révélant d’innombrables dysfonctionnements et des cas avérés de mauvaise gestion et de malversations, c’est au tour de l’Inspection Générale d’État de jeter un énorme pavé dans la mare, en publiant à son tour son rapport pour les années 2024 et 2025.
Petit florilège de ce sport national qu’est devenu le détournement des deniers publics : l’IGE a mis au jour, lors de ses missions de contrôle, des irrégularités totalisant un impact financier supérieur à 2,37 milliards d’ouguiyas sur un montant total de 32,86 milliards d’ouguiyas ayant fait l’objet d’un audit. Le rapport a montré que les marchés publics constituaient le domaine le plus exposé aux irrégularités ayant des retombées pécuniaires, représentant 60 % de cet effet. Sur le plan judiciaire, l’impact financier des dossiers transmis aux instances judiciaires compétentes s’est élevé à 1,21 milliard d’ouguiyas ; l’Inspection générale a transmis deux de ceux-là à la Cour des comptes et deux autres au Parquet. Des mesures administratives et disciplinaires ont également été prises à l’encontre de fonctionnaires de différents échelons hiérarchiques, notamment le licenciement de vingt agents, ainsi que la mutation d’office et l’émission de onze avertissements. Excusez du peu ! Et ce ne sont pas tous les ministères et les établissements publics qui ont reçu la visite des limiers de l’IGE : la note allait sans doute être plus salée… Certes, le volume des montants détournés a subi une nette baisse, comparé aux décennies passées, mais beaucoup reste à faire pour faire comprendre à tous les fonctionnaires que servir n’est pas synonyme de se servir.
Ahmed ould Cheikh
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