Mauritanie : reprise de la pêche au poulpe, tension sur le marché de Nouakchott

Le 360.maVidéoLa reprise de la pêche au poulpe, à l’origine d’une ruée des pêcheurs vers le Nord, notamment les ports de pêche de Tanit et de Nouadhibou, provoque un manque de poissons et une flambée des prix des produits halieutiques sur le marché de Nouakchott.

Baye Guei, pêcheur originaire de Ndiago, dans la zone Sud, explique que «le poisson manque actuellement sur le marché de Nouakchott. C’est un phénomène habituel pendant l’hivernage, pour une raison simple: la reprise des activités sur le poulpe. Il faut le reconnaître, la pêche au poulpe est beaucoup plus bénéfique, plus rentable. C’est pour cette raison que beaucoup de professionnels du secteur quittent Nouakchott en direction des ports du Nord, Nouadhibou et Tanit. Là-bas, il y a les usines et les activités d’exportation. Cela rapporte plus».

Conséquence : cherchant leur profit, les pêcheurs se ruent vers le Nord, délaissant le Sud et la capitale, Nouakchott. Une situation qui entraîne naturellement une baisse des captures, alors que la demande de poissons est très fortement concentrée sur la capitale, qui accueille plus du quart de la population mauritanienne.

Et le déséquilibre entre l’offre et la demande se traduit logiquement par une hausse des prix des poissons à Nouakchott.

Fati Amadou Diallo, vendeuse de poissons, est amère face à cette situation. «Je suis ici, au marché des poissons, à la plage. Depuis l’ouverture de la pêche au poulpe, le produit se fait très rare. Nous sommes là, assises toute la journée à attendre. Quand il y a du poisson, c’est trop cher. Le kilo de thiof est à 5.800 anciennes ouguiyas. Le kibaru moyen est entre 1.700 et 1.800 ouguiyas. Et le grand kibaru monte jusqu’à 2.700, 2.800 ouguiyas. Ces prix ne sont pas accessibles à toutes les familles. Nous vivons de ça. Beaucoup d’entre nous achètent pour revendre et nourrir leurs enfants. C’est un vrai problème. Les mères de famille, comme moi, font quoi ?»

 

Allant dans le même sens, El Hadj Ndiongue souligne que «les prix du poisson sont très chers, pas moins de 1.800 ouguiyas. Le kilo de kibaru va jusqu’à 2.500 ouguiyas. J’ai l’impression que les gens ne pêchent pas. En regardant le marché, vous constatez le manque de poissons».

Face à cette situation, les autorités doivent trouver une solution. Pour Baye Guei, l’un des rares pêcheurs continuant à pêcher au Sud, «il faut trouver un équilibre sur la base duquel l’export des produits halieutiques profite au budget de l’État, mais laisse au consommateur mauritanien la possibilité d’avoir du poisson dans son bol».

Il faut souligner que le poulpe représente environ 50% de la valeur des exportations de ressources halieutiques de la Mauritanie et génère des milliers d’emplois.

 

 

Amadou Seck (Nouakchott, correspondance)

 

 

Source : Le 360.ma 

 

 

 

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