Mauritanie – Ramadan sous pression : quand la spéculation étrangle le panier des ménages

En ce mois béni de Ramadan, période de solidarité et de partage par excellence, les marchés mauritaniens offrent un spectacle préoccupant : celui d’une flambée continue des prix des produits de première nécessité. Riz, sucre, huile, farine… autant de denrées essentielles dont le renchérissement brutal met à rude épreuve des ménages déjà fragilisés, en particulier les femmes qui portent au quotidien la charge de l’équilibre alimentaire des familles.

Le Ramadan ne devrait jamais devenir une saison de profits excessifs au détriment des plus vulnérables. Or, chaque année, le même scénario se répète : certains opérateurs économiques profitent de l’augmentation de la demande pour imposer des marges abusives, parfois en violation flagrante des prix officiellement fixés. Cette situation nourrit un sentiment d’injustice sociale et fragilise la confiance entre citoyens, commerçants et pouvoirs publics.

En tant que Mouvement engagé pour la justice sociale, nous estimons que la responsabilité première incombe aux autorités chargées du contrôle économique. Fixer des prix ne suffit pas ; encore faut-il s’assurer de leur application effective sur le terrain. Les missions d’inspection doivent être visibles, régulières et dissuasives. Là où la sanction est rare ou tardive, la spéculation trouve un terrain fertile. Le respect des prix réglementés constitue aujourd’hui un test de crédibilité pour l’action publique. Nous attirons également l’attention sur la réalité quotidienne de milliers de familles mauritaniennes dont le pouvoir d’achat demeure structurellement faible.

Dans de nombreux quartiers, les ménages — souvent dirigés ou soutenus par des femmes — font face à des défis persistants : accès irrégulier à l’eau courante, insalubrité de l’environnement urbain, pression des dépenses essentielles. Dans ce contexte, chaque hausse du panier alimentaire aggrave la précarité et menace la dignité des foyers. Face à cette situation, nous appelons à une réponse publique ferme et immédiate. Nous exhortons le Président de la République à exiger de toutes les administrations concernées une rigueur sans faille dans le contrôle des marchés et le respect des prix fixés.

Le moment exige des mesures visibles, des sanctions exemplaires et une présence renforcée des équipes de contrôle sur l’ensemble du territoire. Parallèlement, nous invitons les consommateurs — et en premier lieu les femmes, vigies du budget familial — à ne plus rester silencieux face aux abus. Dénoncer la spéculation, exiger l’affichage clair des prix et privilégier les commerçants responsables constituent des actes citoyens essentiels. La protection du pouvoir d’achat est une responsabilité collective. Le mois de Ramadan est un temps de foi, mais aussi un moment de vérité sociale. Garantir des prix justes et accessibles relève d’une exigence morale autant que politique.

Le Mouvement des Femmes Leaders pour la Justice et l’Équité Sociale en Mauritanie restera mobilisé pour que la solidarité proclamée durant ce mois sacré se traduise concrètement dans les marchés et dans la vie quotidienne des familles.

 

 

Assa Diagana
Mouvement des Femmes Leaders pour la Justice et l’Équité Sociale en Mauritanie

 

 

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