La prolifération d’incendies dans le quartier pauvre du Wharf dans la commune d’El Mina à Nouakchott interroge les observateurs et interpelle les autorités de Nouakchott lorsque les feux deviennent répétitifs dans un même espace.
Au-delà de ce qui apparaît comme fait divers, c’est la vulnérabilité structurelle qui est pointée du doigt par les observateurs. La forte densité de l’habitat, les constructions précaires en bois, tôles ou matériaux inflammables, les raccordements électriques informels ou défectueux dans ce quartier pauvre de la capitale. Il s’agit d’un problème ancien et non résolu par le régime de Ould Ghazouani depuis sa réélection en 2024 avec cet important incendie qui avait conduit à des promesses de relogement des victimes. Et depuis rien. C’est la responsabilité de l’Etat qui est engagée. Cette multiplication d’incendies est le symptôme d’une urbanisation insuffisamment planifiée. Comme dans tous les secteurs, la gestion publique apparaît souvent réactive plutôt que préventive. Quand le Wharf brûle ce sont les pauvres qui paient. Ils deviennent ainsi des victimes d’une double peine. Emportant des années d’économies, des documents administratifs, des équipements de travail, des souvenirs familiaux et parfois l’unique patrimoine d’un ménage. Cet incendie à répétition est un signal d’alarme sur l’état des politiques urbaines, de la prévention des risques et de la protection des populations les plus vulnérables.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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