Mauritanie : quand le conseil constitutionnel retire la voix des opprimés du Parlement

La révocation du mandat des deux députées Mariam Cheikh Samba Dieng et Ghamou Achour Salem marque un nouveau tournant dans la confrontation entre les institutions de l’État mauritanien et les militants du mouvement abolitionniste mauritanien IRA, historiquement marginalisés.

Cette décision des sages du Conseil constitutionnel est considérée par les observateurs comme un coup porté à la représentation des laissés-pour-compte. Nul doute que dans les quartiers populaires de Nouakchott, les organisations de défense des droits humains et les réseaux militants engagés contre les discriminations, l’émotion est forte. Cette révocation dépasse le cas personnel des deux élues de l’IRA. Ce sont deux sièges parlementaires porteurs d’un discours critique qui disparaissent de l’hémicycle. Biram Dah Abeid, député et leader de l’IRA, a dénoncé ce qu’il considère comme une dérive institutionnelle à la suite des mesures prises contre les deux députées. Pour les observateurs, le problème est le message envoyé à tous ceux qui osent contester l’ordre établi. Beaucoup y voient une tentative de décourager les voix dissidentes. Au-delà du débat juridique c’est la représentation des mouvements sociaux dans l’hémicycle qui est pointée du doigt dans une démocratie. La déchéance des deux députés de l’IRA symbolise la difficulté persistante des mouvements de justice sociale à conquérir et à conserver des espaces d’expression au cœur même des institutions de la République.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 02 octobre 2026)

 

 

Les opinions exprimées dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs. Elles ne reflètent en aucune manière la position de www.kassataya.com

 

Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com

↑
Quitter la version mobile