Quant au problème linguistique et identitaire de la Mauritanie, l’éthique nous incite au refus, la dignité nous impose la résistance, et la responsabilité nous commande le discernement.
Les enjeux sont clairs : à court terme, la déstabilisation sociale ; à moyen terme, la relégation durable des communautés non arabes à la périphérie de la nation ; à long terme, la menace de voir disparaître, par effacement progressif, toute identité non arabe du pays. Ces circulaires et ces lois qui, jour après jour, écartent nos langues de l’État et nient nos identités sont autant de pas vers l’instabilité.
La ligne de démarcation est donc simple : d’un côté, ceux qui, conscients de ces enjeux, choisissent de les affronter ; de l’autre, ceux qui préfèrent les ignorer ou s’en accommoder.
L’officialisation du pulaar, du soninké et du wolof n’a jamais été une revendication communautaire. Il s’agit là de la condition d’une Mauritanie stable et prospère, où chacun a sa place, avec la garantie que les efforts qu’il consacre à la nation ne servent pas un système qui le tient à l’écart. Les citoyens conscients issus des communautés lésées, animés de la meilleure volonté, ont besoin de cette garantie, celle-là même qui n’a jamais été vraiment acquise depuis la naissance de ce pays.
Professeur Mouhamadou Sy
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