A l’occasion d’un dîner avec des personnalités de l’Education nationale, cette fin de semaine au palais de Nouakchott, le président mauritanien poursuit la consolidation de l’école républicaine, opérant un changement d’échelle. Ould Ghazouani ne fait plus allusion à des “domaines” arabisés, mais d’un État qui se reconfigure linguistiquement dans son ensemble.
Le cœur de l’école républicaine c’est la loi d’orientation de 2022, mise en œuvre en 2023. Après quatre années, les classes sont surchargées et la migration scolaire se poursuit dans les pays voisins notamment au Sénégal. Les Mauritaniens font face à une arabisation à outrance où l’enseignement des mathématiques et des sciences en arabe, remplaçant le français. Aucune visibilité symbolique aux langues nationales (pulaar, soninké et wolof). Cela renforce l’idée d’un État-nation arabo-musulman homogène, au détriment de la pluralité linguistique réelle du pays. Les observateurs pointent une école républicaine à deux vitesses passée sous silence par Ould Ghazouani qui entend parachever l’arabisation, passant ainsi d’une politique linguistique sectorielle à une ingénierie identitaire d’État. Il s’agit de façonner un citoyen idéal, conforme à la vision arabo-islamique héritée du père de la nation Mokhtar Ould Daddah.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 07 mars 2026)
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