Mauritanie : l’opacité statistique sur la criminalité, symptôme d’un déficit de transparence publique

La prolifération d’agressions sexuelles de jeunes filles depuis la réélection du président Ould Ghazouani soulève des interrogations sur l’absence de chiffres réels sur la criminalité en Mauritanie.

In fine, cette opacité statistique laisse apparaître une gouvernance qui privilégie la communication politique que la transparence. Dans un pays où les autorités politiques mettent souvent en avant les opérations policières, les démantèlements de réseaux ou la stabilité sécuritaire, la publication régulière de statistiques détaillées sur la délinquance reste limitée. Cette absence de chiffres nourrit les discours plutôt que les faits. Les observateurs et les experts mauritaniens pointent « un pays qui ne compte plus ses propres crimes » en sept ans de gouvernance. Ce sont les mêmes rues sans lumière dans les quartiers périphériques, les mêmes problèmes de délinquance des jeunes, les mêmes gangs armés qui font leur loi, les jeunes filles et femmes qui sont victimes d’agressions diverses. Des féminicides impunies. Deux justices et une loi contre les viols bloquée par le parlement depuis une décennie. Et pendant sept ans, tous ces quartiers vivent dans l’insécurité. Les chiffres de la criminalité ne servent pas uniquement à mesurer cette insécurité. Ils permettent également d’évaluer l’efficacité des institutions chargées de la sécurité et de la justice.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 23 septembre 2026)

 

 

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