Le gouvernement de Oul9d Diay veut son “Label bas carbone”. Sur le papier c’est ambitieux mais dans la réalité politique du pays, c’est surtout un nouvel emballage pour une vieille pratique qui consiste à communiquer sans transformation.
En effet, créer un label bas carbone dans un pays à haute vulnérabilité c’est comme coller un autocollant “bio” sur un champ miné. La Mauritanie est l’un des pays les plus exposés à la désertification et à la variabilité climatique. Mais cette opportunité risque d’être confisquée par les élites gouvernantes, comme tant d’autres dispositifs internationaux. Le risque majeur c’est un label au service des multinationales, pas du climat. Les observateurs craignent que les consortiums gaziers et hydrogène, déjà omniprésents dans les négociations, pourraient utiliser ce label, cher au gouvernement de Ould Diay qui en fait pour l’instant un outil de communication. Et c’est la marginalisation des communautés rurales qui est pointée du doigt. Le danger qui guette cette volonté politique c’est la certification des réductions fictives, comme cela s’est vu dans plusieurs marchés volontaires internationaux. Un label bas carbone sans justice climatique est une imposture.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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