Mauritanie : l’État dépense des milliards, mais le pays reste à la traîne

Au moment où le premier ministre mauritanien accélère les chantiers de la modernisation de la capitale, les budgets consacrés aux infrastructures et aux secteurs prioritaires : éducation, agriculture, santé, assainissement et hydraulique battent des records. Les dépenses publiques augmentent d’année en année.

Pour les observateurs, ce paradoxe mauritanien ne laisse planer aucun doute, un Etat toujours plus riche, des services publics toujours plus pauvres. A cet égard, le constat d’un parlementaire de l’opposition est très significatif « la dépense annuelle moyenne s’est élevée à 102 milliards au cours des soixante premières années de l’État, contre 1 059 milliards par an au cours des sept années du régime actuel, ce qui revient selon lui à avoir « multiplié par dix tous les régimes » réunis. L’État est devenu ainsi depuis 2019, le premier employeur, premier investisseur, premier distributeur d’argent public. Cette dépendance révèle l’échec des politiques de diversification économique annoncées depuis des décennies. Depuis 2019, le budget annuel explose et les citoyens ont moins le sentiment de recevoir moins. Le danger est que le gaz finance davantage de bureaucratie que de développement et que les revenus énergétiques servent à entretenir le système plutôt qu’à le transformer. Finalement, l’Etat dépense des milliards mais les citoyens sont toujours pauvres et abandonnés.

.

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

 

Les opinions exprimées dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs. Elles ne reflètent en aucune manière la position de www.kassataya.com

 

Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com

↑
Quitter la version mobile