En appelant cette semaine à Nouakchott les parents à veiller à ce que leurs enfants restent à la maison pendant la nuit,la ministre du travail social remet au cœur des débats la problématique de la protection de l’enfance.
En effet, la lutte contre la pauvreté en Mauritanie est le premier cheval de bataille de Ould Ghazouani depuis 2019. Mais après six années de gouvernance, cette promesse est loin d’être tenue. Dans un pays qui n’intègre pas assez la dimension « protection de l’enfance » dans sa vision de développement, les enfants en rue sont souvent des laissés pour compte. Issus de familles très pauvres, de zones rurales marginalisées et plus récemment de contextes de migration interne ou transfrontalière, ces enfants sont parfois criminalisés au lieu d’être protégés par des lois seulement sur le papier.
Les dispositifs d’accueil existants à Nouakchott particulièrement sont trop faibles pour absorber l’ampleur du phénomène. Il ne suffit pas de dire aux parents de veiller à garder leurs enfants pendant la nuit pour les sécuriser. Le gouvernement doit aller au-delà de la dimension sensibilisation. Par ailleurs, la dimension de la mendicité forcée avec les Talibés ce sont les enfants relevant de l’école coranique, est une question sensible politiquement et socialement. Ce qui freine les réformes. La protection de l’enfant est parfois sacrifiée au profit de considérations religieuses ou communautaires.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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