Mauritanie : l’enrôlement de la diaspora n’est pas un papier, c’est un combat

Des milliers de Mauritaniens vivent en Europe depuis plusieurs années faute d’Etat-civil sans avoir pu retourner en Mauritanie en raison de diverses contraintes administratives, professionnelles ou familiales.

Le discours officiel laisse planer plus de modernisation de l’État civil. Mais sur le terrain, dans les consulats et les ambassades à l’étranger, les files d’attente sont légion. Les humiliations quotidiennes ne manquent pas. L’État mauritanien ne veut pas enrôler sa diaspora. Il veut la filtrer. C’est le sentiment des observateurs qui pointent un double langage de l’enrôlement comme prolongement du système, une continuité directe du recensement discriminatoire instauré sous le régime de Ould Aziz en 2009. La France fait figure de bonne élève en matière de recensement des citoyens mauritaniens résidant en Europe. Mais les obstacles les plus fréquents tournent autour de refus arbitraires de renouvellement de passeport, de dossiers perdus, de demandes de documents presque impossibles à fournir en particulier les preuves d’ascendance. Les proches du pouvoir obtiennent tout, les autres presque rien. Le consulat, relais administratif, devient une reproduction des inégalités.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 02 juin 2026)

 

 

Les opinions exprimées dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs. Elles ne reflètent en aucune manière la position de www.kassataya.com

Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com

Quitter la version mobile