Mauritanie : le scandale silencieux de la mortalité des plants

La Mauritanie est bonne élève du projet pharaonique la Grande Muraille verte sur le plan de sa contribution statutaire mais pour les observateurs, cette performance administrative cache une mauvaise élève de la survie des plants.

Incontestablement, la mortalité des jeunes plants dans le pays désertique à plus de 80 pour cent, demeure l’un des angles morts des politiques environnementales. Faute de suivi public systématique, les citoyens connaissent le nombre d’arbres plantés, mais rarement le nombre d’arbres morts. Le problème est politique autant que environnemental. Le paradoxe est que les campagnes annoncent régulièrement des milliers d’hectares restaurés et des millions de plants mis en terre. En réalité, l’entretien, l’arrosage, la protection contre les animaux et le suivi sur plusieurs années sont moins visibles.

Cette logique du chiffre produit parfois une illusion de réussite comme le laisse apparaître le directeur scientifique et technique de l’Agence panafricaine de la Grande Muraille verte (APGMV) en donnant une bonne note à la Mauritanie pour son respect à la contribution statutaire. En réalité, ce sont des milliards d’ouguiyas  qui sont engloutis, des milliers de plans qui disparaissent chaque année. Et l’Etat ne rend pas compte. Des programmes censés lutter contre la désertification finissent par produire des statistiques sans produire de véritables forêts. Les citoyens ont le droit de savoir ce que deviennent les financements destinés à la lutte contre la désertification.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 15 octobre 2026)

 

 

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