Croissance, gaz et milliards, c’est désormais le triptyque de la modernisation financière et des grands programmes de développement de la Mauritanie, vu sous l’angle des résultats définitifs de l’Enquête permanente sur les conditions de vie des ménages 2025-2026.
Derrière cette vitrine macroéconomique se cache une réalité beaucoup moins flatteuse : plus d’un Mauritanien sur quatre reste pauvre. Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon les résultats de 2025-2026, la pauvreté monétaire serait passée de plus de 28 pour cent en 2019 à plus de 26 pour cent en 2025, tandis que l’extrême pauvreté reculerait de plus de 12 à plus de 11 pour cent.Dans un pays riche en fer, en or, en poisson et désormais engagé dans l’exploitation gazière, ces résultats ne devaient pas susciter autosatisfaction encore moins une communication triomphale car il aura fallu six années pour gagner 2,5 points. Le paradoxe n’est pas nécessairement l’absence de croissance. Il réside dans la difficulté à transformer durablement les performances macroéconomiques et les richesses extractives. Une nation se construit avec des enfants instruits, des citoyens en bonne santé et une jeunesse disposant de perspectives mais pas avec des communiqués ou enquêtes. La Mauritanie n’a pas seulement besoin d’une croissance plus forte. Elle a besoin d’une croissance qui change réellement la vie.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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