Mauritanie – Le poulpe, dans les filets des seuls pêcheurs locaux : les raisons d’une préférence nationale

Le 360.ma  – Vidéo – Le poulpe, qui représente environ 50% de la valeur des exportations halieutiques de la Mauritanie qui assure 8% de la production mondiale, jouit d’un statut particulier dans l’économie nationale. A Nouakchott, les autorités ont réitéré la préférence nationale dans l’exploitation de ce céphalopode.

 

Adossées à 700 kilomètres de côtes, les activités de pêche constituent la mamelle nourricière de l’économie mauritanienne.

La pêche au poulpe, un céphalopode élevé au rang de produit stratégique dont l’exploitation est exclusivement réservée aux nationaux, contribue à hauteur de 50% des exportations et crée plusieurs dizaines de milliers d’emplois essentiellement dans sa branche traditionnelle. En 2023, la Mauritanie produit 32.700 tonnes de poulpe sur les 1,88 million de tonnes toutes espèces confondues.

En conséquence, ce segment de la pêche fait l’objet d’un soin particulier dicté par le souci de conservation de la ressource, accompagné par «des procédures de certification écologique», selon le gouvernement.

Selon la FAO, la Mauritanie est l’un des cinq premiers producteurs mondiaux de poulpes, avec une production annuelle moyenne (2019-2021) de 35 .900 tonnes, soit environ 8% de la production mondiale. Selon la Société mauritanienne de commercialisation de poisson chargée de la commercialisation, de l’exportation, de la valorisation et de la traçabilité des produits de la mer en Mauritanie, les exportations annuelles de poulpes ont atteint environ 40.000 tonnes en 2022.

Lors du lancement du Forum scientifique international sur les céphalopodes qui s’est tenu le 27 janvier dernier, à Nouakchott, sous le thème «Le poulpe et les voies de la gestion durable face aux défis écologiques, économiques et sociaux», les autorités ont réaffirmé que l’exploitation de cette ressource est réservée exclusivement aux pêcheurs mauritaniens.

Diop Mika, expert de la Commission Régionale des Pèches (CSRP), place la conservation du poulpe dans le cadre d’une stratégie régionale de bonne gestion et de préservation des ressources halieutiques. Cette démarche rentre dans le cadre d’une stratégie intégrée visant à créer les conditions d’une économie bleue impliquant l’environnement, le tourisme…

 

Sid Ahmed Abeid, président section pêche artisanale à Nouadhibou, rappelle la mobilisation des acteurs de la filière qui a abouti à la préférence nation dans l’exploitation du poulpe. «Nous avons eu l’honneur de participer aux négociations ayant abouti à la signature des accords de pêche avec l’Union Européenne en 2012. A cette occasion, nous avons particulièrement insisté pour une exploitation exclusive du poulpe par les nationaux. Ces négociations ont été précédées d’une vaste campagne de sensibilisation auprès de toutes les organisations impliquées dans la gestion des ressources halieutiques et les partenaires dans le cadre de l’exploitation. C’est ainsi que nous avons pu toucher les députés européens pour expliquer que les nationaux disposent d’une flotte et des outils nécessaire à l’exploitation exclusive de cette ressource».

Ces différentes actions, ont abouti au vote par le parlement européen, d’une loi d’orientation des négociations pré accords, portant uniquement sur le surplus des ressources halieutiques.

 

 

Amadou Seck (Nouakchott, correspondance)

 

 

Source : Le 360.ma

 

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