Mauritanie : le dialogue ne peut pas éclairer un pays plongé dans le noir

Le président mauritanien est partagé entre la poursuite du dialogue national qu’il a initié depuis sa réélection et la sortie de crise de l’électricité qui ébranle le régime.

Le contraste est trop violent pour être ignoré par les observateurs qui pointent un président qui parle de dialogue alors que la capitale vit dans l’obscurité. Le dialogue national ne peut pas masquer la panne nationale. Dans ces conditions, les assises nationales deviennent un anesthésiant politique. A moins de gagner encore du temps, le timing n’est pas innocent. En recevant le coordinateur du dialogue, Ould Ghazouani va ouvrir les concertations au moment où le pays brûle, quand les centrales explosent et quand les quartiers notamment populaires suffoquent dans le noir. En fixant un mois, la durée de la commission d’enquête sur les incendies des deux centrales, le président mauritanien veut assurer ses arrières et passer rapidement au dialogue avant la fin de l’année 2026. Le régime de Ould Ghazouani a choisi de protéger sa propre image, ses réseaux et ses alliances tribales mais pas de protéger les citoyens. In fine, le dialogue national ne peut pas éclairer un pays plongé dans le noir. La crise électrique est un incident grave. Un pays ne se gouverne pas seulement avec des discours.

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 26 août 2026)

 

 

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