Mauritanie : l’argent public pour entretenir une classe politique déconnectée

Incontestablement, le financement public des partis politiques est un pilier de la démocratie. Dans les faits, il est devenu pour beaucoup de partis de l’opposition, le symbole d’une contradiction de plus en plus difficile à justifier.

Le débat suscité cette semaine par l’opposition ne porte pas seulement sur le montant des financements accordés par l’Etat mais dans l’absence de redevabilité. Le citoyen lambda dispose rarement de réponses claires à ces questions pourtant essentielles dans une démocratie. La polémique soulevée par le nouveau parti FRUD à l’issue des élections de 2023 et le parti de l’Union pour la démocratie et le Progrès UDP, allié du parti de la majorité, sur le coût de la démocratie, constitue un véritable enjeu. Les partis bénéficiant d’une représentation institutionnelle disposent de ressources importantes tandis que les nouvelles forces politiques peinent souvent à émerger dans des conditions équitables. C’est le grand fossé de la démocratie mauritanienne qui est pointé du doigt. Car dans un pays confronté aux défis du chômage, de la pauvreté et des inégalités sociales, l’argent public ne peut plus être considéré comme un dû pour les appareils politiques. Une grande partie des formations politiques ne semble véritablement active qu’à l’approche des élections. Cette situation nourrit le sentiment que les partis politiques forment une élite vivant en partie grâce à l’argent du contribuable sans être soumise au même niveau d’exigence que les autres institutions financées par les fonds publics.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 17 octobre 2026)

 

 

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