La réforme des marchés publics engagée par le premier ministre Ould Diay s’inscrit dans une volonté de moderniser la commande publique à travers les dernières mesures de simplification. Après six années de gouvernance de Ould Ghazouani, les Mauritaniens attendent toujours un signal fort contre la corruption.
Mais ce sont les limites de cette réforme qui sont pointées du doigt par les observateurs à cause de sa dépendance aux procédures dérogatoires. Le système de la commande publique reste vulnérable aux pressions politiques ou administratives, notamment dans les marchés stratégiques (infrastructures, fournitures médicales, BTP). Depuis 2019 le patronat rafle presque tous les marchés publics. Cette politisation au profit du privé laisse apparaître des faiblesses persistantes dans l’exécution fragilisant ainsi l’efficacité du contrôle. In fine, l’usage fréquent de l’entente directe ou de la consultation simplifiée demeure un point de vulnérabilité majeur. Cela ouvre la porte à des pratiques non concurrentielles. L’e‑procurement reste embryonnaire. Les scandales financiers des marchés publics donnent une mauvaise image de la gestion des deniers publics. Il est temps de recourir à des audits indépendants et des sanctions effectives pour lutter contre la corruption. Enfin, l’efficacité des textes dépendra de la volonté politique, de la professionnalisation, et surtout de la mise en œuvre rigoureuse des mécanismes de contrôle et de transparence.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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