Mauritanie – Foncier : Un avocat met en garde contre le bradage du domaine public maritime (cabanons)

La Dépêche – L’avocat mauritanien Me Mohamed Sidi a mis en garde contre les conséquences de la récente réforme autorisant la cession du domaine public maritime en Mauritanie, estimant qu’elle ouvre la voie à une privatisation du littoral au détriment de l’intérêt général.

Dans une longue tribune, en arabe, diffusée sur les colonnes de nos confrères de «Alakhbar», il affirme que « la loi vise à réaliser l’intérêt général » et dénonce toute instrumentalisation des textes juridiques au profit d’intérêts particuliers.

Selon Me Mohamed Sidi, la loi n°2025-018, promulguée en juin 2025, a supprimé la protection juridique dont bénéficiait jusque-là une bande côtière de 100 mètres le long du littoral mauritanien. Cette bande, consacrée par les différents codes de la marine marchande depuis 1978, interdisait les constructions privées et garantissait un accès libre et gratuit aux plages, sauf exceptions liées à la sécurité ou aux services publics.

L’avocat explique que le nouveau texte abroge plusieurs dispositions du Code de la marine marchande de 2013 qui interdisaient les concessions définitives sur le littoral. Désormais, soutient-il, les terrains côtiers peuvent être cédés à des particuliers comme n’importe quel autre domaine foncier, sauf si un décret du Conseil des ministres décide explicitement de les protéger. Il considère cette évolution comme « une levée effective de la protection juridique du littoral ».

Dans son analyse, Me Mohamed Sidi cite le cas de la zone franche de Nouadhibou, où des parcelles situées sur le front de mer de la station balnéaire de Cabano ont été attribuées à des particuliers, certains ayant même obtenu des titres fonciers. Il estime que la réforme vise principalement à régulariser ce type de situation et accuse les autorités d’avoir privilégié des intérêts privés au détriment du patrimoine collectif.

L’avocat alerte également sur les risques environnementaux, sociaux et sécuritaires d’une privatisation du littoral. Il craint notamment une limitation de l’accès des citoyens aux plages, ainsi que l’utilisation de propriétés côtières à des fins de contrebande ou d’activités illicites. Il souligne par ailleurs que plusieurs pays comme l’Algérie, le Maroc, le Sénégal ou encore la France maintiennent des protections strictes sur leurs bandes côtières afin de préserver le caractère public du littoral.

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Source : La Dépêche (Mauritanie)

 

 

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