Nos lois permettent à un parent de kidnapper un enfant mineur et de quitter le territoire tranquillement sans que le consentement de l’autre parent soit clairement établi ?
Lorsqu’une enfant de 5 ans est prise à l’insu de sa mère, que celle-ci la cherche pendant des heures dans l’angoisse avant d’apprendre qu’elle a déjà quitté le pays, on ne peut pas banaliser les faits sous prétexte que celui qui l’a emmenée est son père.
Cette affaire doit nous interpeller, car l’autorisation parentale ne peut pas relever uniquement du père.
Une mère n’est pas un parent secondaire, elle a une responsabilité, une voix et des droits concernant son enfant.
En cas de désaccord entre les parents, aucun ne devrait pouvoir imposer sa volonté par le fait accompli, c’est à la justice de décider.
Nous devons revoir sérieusement les mécanismes de sortie du territoire des mineurs.
Être le père d’un enfant ne devrait jamais donner le droit de le soustraire à l’autre parent en franchissant simplement une frontière.
Protéger nos enfants, c’est aussi empêcher qu’un parent puisse effacer l’autre par une décision unilatérale.
Amina Habib
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Message de la mère de l’enfant enlevée à Son Excellence le Président de la République Islamique de Mauritanie, Monsieur Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, et à toute personne à la conscience vivante dans cette patrie.
Je suis Raghya Mint Mohamedou Ould Khouna, mère de l’enfant Amira Abdallahi Diagne qui a été enlevée le 21/09/2026 devant la maison de mon père, à Tevragh Zeina, près de la mosquée de Cheikh Mohamed El Hassan Ould Dedew, dans un incident filmé par les caméras de surveillance, et dont la vidéo s’est largement répandue sur les réseaux sociaux.
Ce jour-là, je ne savais pas qui avait pris ma fille âgée de cinq ans, et j’ai vécu des moments de terreur qu’aucune mère ne peut décrire avec des mots. J’ai cru que ma fille était victime d’un gang ou d’un crime grave, et ma famille s’est lancée dans une vaste recherche pour la retrouver, avant que la vérité ne nous soit révélée plus tard, à savoir que celui qui l’a prise est son père sénégalais, mon ex-mari qui occupe le poste de « procureur de la République » dans son pays le Sénégal, qui est venu en Mauritanie et a emmené l’enfant et l’a transférée au Sénégal.
J’ai déposé une plainte auprès des autorités compétentes, il a été contacté, et nous avons été informés qu’il a reconnu que c’est lui qui a pris l’enfant, et qu’elle ne reviendra pas.
Excellence Monsieur le Président,
Aujourd’hui je ne demande pas à priver le père de sa fille, et je ne refuse pas qu’il recoure à la justice s’il estime avoir un droit de garde ou d’entretien.
Mais ma question est :
Est-ce que prendre des enfants depuis l’intérieur du territoire d’un autre État de cette manière est le chemin pour résoudre les différends familiaux ?
Comment un responsable d’un pays voisin, censé connaître la loi et être conscient de la gravité de ce qu’il fait, peut-il venir sur le territoire mauritanien, outrepasser ses institutions et ses lois, et prendre une petite fille devant la maison de sa famille, puis quitter le pays avec elle à l’étranger ?
Source : Dia Hamadou Al Housseini
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