Mauritanie : des vulnérabilités climatiques dans le sud (OIM)

Agence de Presse Africaine – Une étude de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) alerte sur les vulnérabilités climatiques des communautés du sud et du sud-est de la Mauritanie, appelant à renforcer leurs capacités d’adaptation face aux sécheresses, fortes pluies et tempêtes de sable.

Réalisée entre décembre 2025 et janvier 2026 dans 196 localités du Guidimakha, au sud, et du Hodh Ech Chargui, au sud-est, une étude de l’OIM identifie plusieurs facteurs aggravant la vulnérabilité des ménages, notamment la fréquence des événements climatiques, l’accumulation de leurs effets et la précarité énergétique.

Le déficit de services de base et l’insécurité alimentaire limitent également la capacité des communautés à mettre en place des mécanismes d’adaptation, selon l’OIM.

L’étude indique que 75 % des personnes interrogées se considèrent vulnérables ou très vulnérables aux impacts climatiques et environnementaux. En revanche, seuls 10 % des informateurs clés déclarent avoir eu recours à une stratégie d’adaptation, telle que le déplacement, l’emprunt ou la mobilisation de l’épargne.

Cette situation laisse une majorité de familles dans une forme d’« immobilité forcée », faute de moyens suffisants pour s’adapter ou se déplacer dans des conditions sûres et dignes.

« Cette étude doit être entendue comme un signal d’alerte, en Mauritanie comme dans l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest et du Centre », a déclaré le chef de mission de l’OIM en Mauritanie, Idrissa Somparé.

Selon lui, la vulnérabilité climatique ne dépend pas uniquement de l’exposition aux risques, mais également de l’accès aux moyens permettant de s’y adapter, notamment l’eau, les services essentiels, les moyens de subsistance résilients et les informations nécessaires pour anticiper les chocs.

L’OIM souligne par ailleurs que la Mauritanie est confrontée depuis plusieurs décennies aux effets du changement climatique, notamment la sécheresse, la désertification, les inondations et la dégradation des ressources naturelles.

Face à ces défis, le gouvernement mauritanien, avec l’appui de l’OIM, a engagé plusieurs initiatives portant notamment sur l’adaptation et la résilience. L’actualisation de la Contribution déterminée au niveau national (CDN 3.0), l’intégration de mesures liées à la mobilité humaine et à l’adaptation, ainsi que l’élaboration du Plan national d’adaptation figurent parmi les actions citées.

À l’approche de la COP31, l’OIM appelle enfin à renforcer l’accès des communautés les plus exposées aux financements climatiques.

« Les financements climatiques doivent atteindre les communautés en première ligne, avant que la vulnérabilité ne devienne une impasse », a déclaré M. Somparé.

Source : Agence de Presse Africaine (APA)

Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com

Quitter la version mobile