Mauritanie : des enseignants contractuels des langues nationales dénoncent une situation administrative et financière précaire

Le Quotidien de Nouakchott – Des enseignants contractuels des langues nationales (pulaar, soninké et wolof), recrutés au profit de l’Institut pour la Promotion de l’Enseignement des Langues Nationales (IPLAN), ont exprimé leur vive préoccupation face à ce qu’ils qualifient de dysfonctionnements graves dans la gestion de leurs dossiers administratifs et financiers, appelant les autorités compétentes à un règlement urgent de leur situation.

Un concours suivi d’une formation sans soutien financier régulier

Selon les enseignants concernés, un concours de recrutement de 60 contractuels a été organisé par l’IPLAN entre le 13 et le 27 mars 2025. À l’issue de ce processus, les candidats admis ont suivi une formation de quatre mois à l’École Normale des Instituteurs (ENI) de Nouakchott, du 26 mai au 20 septembre 2025.

Durant cette période, les enseignants affirment n’avoir bénéficié d’aucune bourse de l’État, le directeur de l’IPLAN leur ayant indiqué qu’ils n’y avaient pas droit en raison de leur statut de contractuels, malgré le caractère officiel et prolongé de la formation. Ils précisent n’avoir perçu que des bourses de l’Agence Française de Développement (AFD), versées de manière irrégulière, après la fin de la formation, par tranches limitées à quatre mois. À la date du 19 janvier 2026, la dernière bourse correspondant au mois de décembre n’aurait toujours pas été versée.

Affectation sans contrat ni salaire

À la rentrée scolaire, une note de service d’affectation, signée par le Secrétaire général du Ministère de l’Éducation nationale, a été publiée, affectant les enseignants dans différentes localités du pays. Toutefois, selon les intéressés, cette affectation s’est faite sans signature de contrat, sans accompagnement administratif et sans paiement de salaire.

Les enseignants indiquent avoir exercé leurs fonctions pendant trois mois consécutifs sans percevoir aucune rémunération, une situation qu’ils jugent contraire aux principes élémentaires du droit du travail et de la justice sociale.

Un séminaire sans issue concrète

Le 26 décembre 2025, une nouvelle note du Secrétaire général du Ministère de l’Éducation nationale a annoncé l’organisation d’un séminaire pédagogique destiné aux enseignants des langues nationales, tenu du 29 décembre 2025 au 3 janvier 2026 à l’ENI de Nouakchott. Toutefois, à l’issue de ce séminaire, les enseignants affirment que leurs contrats n’étaient toujours pas prêts à être signés, et qu’aucune solution concrète n’a été apportée à leur situation administrative et financière.

Démarches et absence de suivi

Face à l’impasse, les enseignants ont entrepris plusieurs démarches auprès du Ministère de l’Éducation nationale. Le 6 janvier 2026, une délégation a été reçue par un responsable de la Direction des Ressources Humaines (DRH). Cette rencontre aurait révélé, selon eux, l’absence de suivi sérieux de leurs dossiers par l’IPLAN.

Ils indiquent également avoir adressé une lettre officielle au Directeur de l’IPLAN, mais que ce dernier se trouvait en déplacement, retardant davantage le traitement de leur situation.

Des revendications claires

Dans leur déclaration, les enseignants contractuels des langues nationales réclament le règlement immédiat et définitif de leur situation, notamment :

Les signataires en appellent au sens des responsabilités des autorités et à leur engagement en faveur de la justice sociale, afin que leur situation soit régularisée dans les plus brefs délais.

Source : Le Quotidien de Nouakchott

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