Mauritanie : compter les hectares ne suffira pas à combler la fracture dans la vallée

Le lancement du Recensement Général de l’Agriculture (RGA 2026) est présenté par les autorités de Nouakchott comme une collecte des données relatives aux exploitations et aux ménages agricoles.

Sur le papier, cet objectif qui vise à connaître le nombre d’exploitations, les superficies cultivées, les équipements disponibles et les caractéristiques des producteurs, est tout à fait légitime. Mais derrière ce recensement 2026, les observateurs s’interrogent sur la finalité des tableaux statistiques. Le risque est de voir le RGA devenir une vaste opération de collectes de données sans traduction concrète pour les producteurs, les paysans et les éleveurs. Ce triptyque du monde rural, talon d’Achille du gouvernement depuis des décennies. C’est le manque d’investissements, de protections et de politiques capables d’améliorer leurs conditions de vie, qui est pointé du doigt par les observateurs. Plus encore, la question foncière reste au cœur des inquiétudes des agriculteurs de la vallée où l’accès à la terre constitue un enjeu économique et social majeur. Les opérations de cartographie associées au recensement suscitent des interrogations et des craintes au sein des communautés locales qui manquent de confiance dans les institutions. Cette opération de recensement est perçue comme un instrument de contrôle plutôt que comme un outil de développement.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 03 octobre 2026)

 

 

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