Agence de Presse Africaine – La troisième édition de la Journée internationale de la langue soninké a été célébrée samedi à Bamako autour des méthodes communautaires de règlement des conflits. Reconnue par l’UNESCO, cette langue mandée est parlée dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest ainsi qu’au sein d’une importante diaspora.
Le Mali a célébré, samedi 26 septembre, la troisième édition de la Journée internationale de la langue soninké, en consacrant les échanges aux pratiques traditionnelles de prévention et de résolution des conflits.
Organisée au Mémorial Modibo-Keïta par l’Association culturelle soninké ACS Mali-Maarenkafo, la rencontre avait pour thème : « L’expérience de la gestion des conflits en milieu soninké ».
Le ministre malien de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, Ismaël Wagué, a participé à la cérémonie aux côtés des ministres chargés de l’Éducation et de la Culture, de responsables associatifs et de représentants des communautés soninké.
Les discussions ont porté sur le recours au dialogue, à la concertation et à la médiation familiale ou communautaire pour régler les différends. Ces pratiques reposent notamment sur l’intervention de personnes reconnues par la communauté et sur la recherche de solutions permettant de préserver les relations sociales.
La commémoration malienne s’est tenue au lendemain de la date officielle de cette journée, fixée au 25 septembre par la Conférence générale de l’UNESCO en 2023. La première édition a été organisée en 2024.
Transmission
Le soninké appartient à la famille des langues mandées, tout en étant distinct du mandingue. L’Institut national des langues et civilisations orientales estime à environ 1,5 million le nombre de ses locuteurs dans les régions frontalières du Mali, du Sénégal et de la Mauritanie.
Des communautés soninké vivent également en Gambie, en Guinée, en Guinée-Bissau, en Côte d’Ivoire, au Burkina Faso et en France. Cette implantation dans plusieurs pays confère à la préservation de la langue une dimension régionale et diasporique.
La troisième édition internationale avait été célébrée le 22 septembre au siège de l’UNESCO à Paris, avant la date officielle. Elle était consacrée au passage de l’oral à l’écrit, à l’enseignement du soninké et à sa présence dans l’environnement numérique.
Un manuel intitulé « Lire et écrire en soninké », un clavier numérique adapté à la langue ainsi que des travaux sur la synthèse vocale y ont été présentés. Les échanges ont également porté sur la transmission intergénérationnelle et la production de contenus éducatifs.
À Bamako, le choix de la médiation traditionnelle a replacé la langue dans son rôle de transmission des règles sociales et des modes de règlement des conflits. La cérémonie n’a toutefois débouché sur l’annonce d’aucun programme précis visant à documenter ou à intégrer ces pratiques dans les politiques de réconciliation.
Source : Agence de Presse Africaine (APA)
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