Jeune Afrique – Un an après son arrestation à Bamako, l’officier de la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) Yann V. a fait l’objet d’une grâce présidentielle signée par Assimi Goïta. Condamné à 20 ans de prison pour « atteinte à la sûreté extérieure de l’État », le Français bénéficie d’une « mesure de grâce, qui ne remet pas en cause les faits établis par un jugement contradictoire rendu au cours d’un procès, lors duquel tous les droits de la défense ont été respectés », insiste la présidence malienne dans un communiqué.
La mesure de grâce est en outre assortie de « l’éloignement immédiat de l’intéressé du territoire national », continue la présidence malienne, qui évoque également les « bons offices » menés par un « pays frère », celui-ci n’étant pas mentionné. Sollicité par Jeune Afrique, le ministère français des Affaires étrangères n’a pour l’heure pas réagi.
Aux mains de la Sécurité d’État
Yann V. avait été arrêté le 14 août 2025, dans le cadre d’une opération plus large visant notamment plusieurs officiers maliens, dont les généraux Néma Sagara et Abass Dembelé. Lieutenant-colonel de la DGSE, l’agent français était officiellement deuxième secrétaire de l’ambassade de France à Bamako et était accrédité auprès des autorités maliennes.
En mars dernier, Jeune Afrique avait révélé les conditions de détention, difficiles, de l’agent français. Après son arrestation, il a d’abord été détenu à la base aérienne 101 de Bamako, dans des locaux de la Sécurité d’État, les services de renseignement maliens, dirigés par Modibo Koné.
Condamné le 5 juin dernier à 20 ans de prison pour « atteinte à la sûreté de l’État », il faisait l’objet d’accusations que Paris n’a cessé de qualifier de « sans fondement ». Les hauts gradés maliens qui avaient été arrêtés lors de la même vague d’interpellations, en août 2025, sont pour leur part toujours en détention, dans l’attente de leur procès.
Source : Jeune Afrique (France)
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