RFI – Le président béninois Romuald Wadagni était en visite officielle en Mauritanie où il s’est entretenu avec son homologue Mohamed Ould Ghazouani, lundi 6 juillet 2026. Si la rencontre n’a débouché sur aucune grande déclaration, elle a donné lieu à des discussions denses centrées sur la sécurité régionale et la recherche de nouvelles alliances alors que le Bénin subit la menace terroriste et entretient des relations complexes avec certains de ses voisins sahéliens.
Le nouveau président du Bénin, Romuald Wadagni, a achevé lundi 6 juillet une visite officielle en Mauritanie qui a notamment été marquée par un long tête-à-tête avec son homologue, Mohamed Ould Ghazouani.
Si elle n’a débouché sur aucune déclaration publique, elle a donné lieu à des discussions au menu desquelles il y avait une urgence majeure, à savoir la crise sécuritaire régionale.
Pour l’analyste politique Backary Gueye, le Bénin cherche avant tout des alliances face aux fractures en Afrique de l’Ouest : « Le Bénin fait face à des défis sécuritaires, notamment des problèmes diplomatiques avec les pays de l’AES [l’Alliance des États du Sahel formée par le Burkina Faso, le Mali et le Niger, trois pays dirigés par des régimes militaires, NDLR], et en particulier avec le Niger avec lequel la frontière est fermée. C’est une visite qui vise donc à renforcer la coopération entre les deux pays sachant qu’au niveau de cette région, il y a une instabilité sur le plan sécuritaire et politique. »
Une instabilité qui frappe directement le Bénin, confronté ces dernières années à une poussée des attaques du Groupe de soutien à l’Islam et aux Musulmans (Jnim), lié à al-Qaïda, dans sa partie nord.
Vers un rapide partage de renseignements ?
Pour endiguer cette menace commune à tout le golfe de Guinée, Cotonou veut s’en remettre au modèle mauritanien, assure Backary Gueye : « La Mauritanie est très bien cotée sur le plan de la lutte contre le terrorisme. Elle a une expertise qu’elle pourrait partager. Elle abrite notamment le Collège de défense du G5 Sahel [créé en 2018 à Nouakchott à l’initiative des États membres du G5 Sahel, une organisation sous-régionale aujourd’hui moribonde, NDLR], une école de très haute facture qui pourrait éventuellement accueillir des officiers supérieurs béninois pour une consolidation de leur formation ».
Au-delà de la formation militaire, ce partenariat naissant devrait rapidement se traduire par un partage direct de renseignements.
Notre correspondant à Nouakchott, Oumar El-Hadj Thiam
Source : RFI
Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com
