Le Mali interdit la diffusion de Jeune Afrique

Les autorités de Bamako ont annoncé l’interdiction dans le pays de la distribution du journal « sous toutes ses formes », l’accusant notamment d’« apologie du terrorisme », de « diffamation » et d’« incitation à la haine ». JA déplore cette décision et rejette les motifs d’accusation invoqués.

Jeune Afrique – « La circulation, la distribution et la vente du journal Jeune Afrique [JA] sont interdites sous toutes ses formes au Mali« , selon un communiqué du ministère de l’Administration territoriale du vendredi 17 janvier. Les autorités maliennes accusent JA notamment d’« apologie du terrorisme », de « diffamation » et d’« incitation à la haine ».

Le gouvernement justifie cette décision par la « nécessité de préserver l’ordre public » dans le pays, dirigé par des militaires depuis deux coups d’État en 2020 et 2021. Il reproche notamment au journal des « accusations fallacieuses et subversives » en lien avec la perturbation de l’approvisionnement en hydrocarbures dans le pays, ainsi que de faire l’« apologie du terrorisme ».

Les autorités de Bamako ont aussi évoqué des « allégations d’exactions contre une partie de la population » malienne, portées par JA, selon le gouvernement, contre les autorités de l’Alliance des États du Sahel (AES), qui réunit le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Enfin, le gouvernement a accusé JA de « diffamation » et d’« incitation à la haine », sans plus de précision.

La crise du carburant

Le pays, dirigé par le général Assimi Goïta, est confronté depuis 2012 à une profonde crise sécuritaire, alimentée notamment par les violences des jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (Jnim, affilié à Al-Qaïda) et de l’organisation État islamique (EI), ainsi que de groupes criminels communautaires.

Le Mali avait connu, en octobre et novembre 2025, une grave pénurie de carburant en raison d’un blocus imposé par le Jnim. Le 15 janvier, JA a publié sur son site un article titré « Crise du carburant au Mali : Pourquoi Assimi Goïta ne parvient à sortir de l’ornière« . L’article questionne les solutions mises en place par les militaires face à la crise du carburant. Il évoque également un « dispositif sécuritaire coûteux et difficilement soutenable » pour accompagner les convois de carburant.

Depuis leur avènement, les militaires ont pris des mesures répressives contre la presse, suspendu l’accès ou la diffusion de plusieurs médias – notamment étrangers – et réduit au silence ou emprisonné des journalistes et autres voix critiques. Les correspondants d’un certain nombre de médias étrangers ont été contraints au départ, à l’exil ou au silence faute d’autorisation de travailler.

L’armée malienne et ses alliés, les mercenaires russes d’Africa Corps, chargés notamment de traquer les jihadistes, sont régulièrement accusés de commettre des exactions contre des civils.

NDLR : La direction et les rédactions de Jeune Afrique Media Group déplorent cette décision arbitraire et archaïque des autorités de Bamako, qui bafoue le droit de nos lecteurs maliens à une information pluraliste et s’inscrit dans une longue série de mesures répressives contre les médias indépendants. Les motifs d’« ordre public » (sic) invoqués pour tenter de justifier cet acte de censure liberticide sont parfaitement fallacieux. Nous y reviendrons.

(avec AFP)

 

 

Source : Jeune Afrique (France)

 

 

 

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