L’Orient Le Jour – Le mouvement islamiste palestinien Hamas a exhorté samedi Téhéran à cesser ses frappes contre les pays voisins en représailles aux attaques américano-israéliennes dont il est la cible, tout en affirmant le droit de son allié à se défendre. Le Hamas a également appelé la communauté internationale à « œuvrer à l’arrêt » immédiat de la guerre.
Il s’agit de la première déclaration en ce sens du Hamas, dont la République islamique est traditionnellement l’un des principaux soutiens, depuis le début, le 28 février, de l’offensive menée conjointement par les Etats-Unis et Israël contre l’Iran. « Tout en affirmant le droit de la République islamique d’Iran à riposter à cette agression par tous les moyens disponibles, conformément aux normes et au droit international, le mouvement appelle ses frères en Iran à ne pas prendre pour cible les pays voisins », a écrit le Hamas sur Telegram.
Le Hamas avait auparavant condamné l’assassinat du guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué par une frappe israélienne à Téhéran au premier jour de la guerre, le qualifiant de « crime odieux ». « Il a fourni toutes les formes de soutien politique, diplomatique et militaire à notre peuple, à notre cause et à notre résistance », avait déclaré le mouvement peu après la mort de l’ayatollah Khamenei.
Mercredi, le Hamas a souhaité au fils de Khamenei, Mojtaba Khamenei, nommé nouveau guide suprême en remplacement de son père, de « vaincre l’agression israélo-américaine ». Face à l’offensive américano-israélienne, l’Iran a riposté par des tirs contre une dizaine de pays. Samedi, le Qatar a annoncé avoir intercepté deux missiles après des explosions entendues dans la capitale Doha.
Le mouvement libanais Hezbollah, lui aussi allié de Téhéran, est entré en guerre le 2 mars en tirant des roquettes sur le sol israélien, provoquant une campagne de bombardements massifs menée par Israël au Liban.
Le Hamas et le Hezbollah, comme les rebelles houthis du Yémen, font partie des groupes armés soutenus par l’Iran contre Israël dans la région. Parmi les objectifs affichés de son offensive contre Téhéran, Israël avait affirmé vouloir détruire le soutien iranien à ces mouvements.
« Semer la discorde »
Selon une source au sein du Hamas, interrogée par l’AFP, la direction du mouvement est en contact avec les dirigeants iraniens « depuis plusieurs jours en les appelant à ne pas viser des États voisins comme les pays du Golfe, d’autres pays arabes et la Turquie ».
Israël « cherche à semer la discorde entre l’Iran et ses voisins arabes et musulmans », a ajouté cette source sous couvert d’anonymat. « La direction du Hamas a également pris contact avec des responsables de plusieurs pays, dont le Qatar, la Turquie et l’Irak, les exhortant à œuvrer pour mettre un terme » à l’offensive israélo-américaine.
Plusieurs pays majoritairement sunnites entretiennent aussi des liens avec le Hamas, notamment la Turquie et le Qatar, qui héberge depuis 2012 la direction politique du mouvement et a joué un rôle-clé dans les négociations indirectes avec Israël en vue de mettre un terme à la guerre dans la bande de Gaza.
Ces négociations ont abouti à un cessez-le-feu fragile qui se maintient depuis le 10 octobre 2025, après deux ans de guerre provoquée par l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.
Le Qatar a aussi fourni une importante aide financière à Gaza depuis la prise de pouvoir du Hamas dans le territoire palestinien en 2007, en grande partie présentée comme une aide humanitaire ou à la reconstruction.
La Turquie de son côté fournit principalement un soutien politique et diplomatique plutôt qu’un financement direct à grande échelle au Hamas. Vendredi, la Turquie a annoncé qu’un troisième missile balistique tiré depuis l’Iran, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, avait été abattu dans l’espace aérien turc par les forces de l’OTAN.
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