L’Orient Le Jour – Le secrétaire général de l’ONU a dénoncé lundi la montée en puissance de « la loi du plus fort », se traduisant par « une attaque de grande envergure partout dans le monde » contre les droits humains qui est portée notamment par l’intelligence artificielle.
« Cette agression n’est menée ni en secret, ni par surprise. Elle a lieu au grand jour, souvent sous la direction des plus puissants. Partout dans le monde, les droits humains sont sacrifiés, de manière délibérée et stratégique, et parfois avec fierté », a tonné Antonio Guterres, à l’ouverture d’une session du Conseil des droits de l’homme à Genève.
« L’état de droit est écrasé par la loi du plus fort », a-t-il déploré, sans citer de pays ou dirigeants.
Et « quand les droits humains s’effritent, tout le reste s’écroule », a-t-il ajouté, déplorant que nous vivions « dans un monde où les souffrances massives sont admises… où les êtres humains sont utilisés comme monnaie d’échange… où le droit international est considéré comme un simple désagrément ».
Le constat des Nations unies est amer : les conflits se multiplient, l’impunité se propage, les droits humains sont piétinés et les besoins humanitaires explosent tandis que les financements chutent, dans un contexte de coupe drastique de l’aide extérieure américaine décidée par Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche.
Et, selon le chef de l’ONU, « les technologies – en particulier l’intelligence artificielle – sont de plus en plus utilisées d’une manière qui réprime, accentue les inégalités et expose les personnes marginalisées à de nouvelles formes de discrimination, en ligne et hors ligne ».
– « Les démocraties s’érodent » –
Dénonçant plus globalement « la main de fer qui resserre l’espace civique », M. Guterres a cité, entre autres, l’emprisonnement de journalistes et de militants des droits humains, la fermeture d’ONG, le recul des droits des femmes et l’exclusion des personnes en situation de handicap.
« Les démocraties s’érodent. (…) Les personnes migrantes sont harcelées, arrêtées et expulsées au mépris total de leurs droits humains et de leur humanité. Les réfugiés sont montrés du doigt. Les communautés LGBTIQ+ sont vilipendées. Les minorités et les peuples autochtones sont pris pour cible », a-t-il également énoncé.
Antonio Guterres, qui après 10 ans à la tête de l’ONU quittera son poste en fin d’année, a rappelé que « grandir sous la dictature de Salazar » au Portugal lui avait appris que lorsque les droits humains « sont bafoués, ce sont tous les aspects de la société qui en souffrent ».
Dans son dernier discours annuel devant le Conseil des droits de l’homme, que les Etats-Unis de Donald Trump boycottent, le chef de l’ONU n’a évoqué que trois crises actuelles, condamnant notamment une nouvelle fois « la répression violente des manifestations en Iran ».
A la veille du quatrième anniversaire de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine par la Russie, il a aussi affirmé qu’ « il est plus que grand temps de mettre fin à l’effusion de sang » alors que le conflit « a entraîné la mort de plus de 15.000 civils ».
Enfin, il a mentionné le conflit entre Israéliens et Palestiniens, déplorant que la solution à deux Etats soit « ouvertement rendue inapplicable ».
Source : L’Orient Le Jour (Liban)
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