L’Afrique, locomotive de la langue française (rapport OIF)

Financial Afrik – L’on compte désormais 396 millions de francophones dans le monde, et 65 % d’entre eux vivent en Afrique. Ces chiffres sont issus de la 6é édition du rapport de l’Observatoire de la langue française de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) publié à la veille du 20 mars, Journée internationale de la Francophonie. Le document, fruit d’un travail scientifique rigoureux estime que le français est aujourd’hui la 4e langue mondiale, contre la 5e place en 2022. La progression est remarquable comparée à l’année 2010 où les locuteurs de la langue de Molière n’excédaient pas 220 millions. De 274 millions en 2014, 300 millions en 2019, 321 millions en 2022 et 396 millions en 2026, les francophones ont augmenté mettant en difficulté le récit sur un certain déclin du français.

Cette dynamique est alimentée principalement par la croissance démographique africaine, l’extension des systèmes éducatifs et l’urbanisation, indique le rapport. A l’horizon 2050, le monde pourrait compter 590 millions de locuteurs potentiels, tandis que neuf apprenants du français sur dix seront africains. Le monde comptera à cette date 220 millions de jeunes francophones. En attendant, le français est présenté par l’OIF comme la 2e langue la plus enseignée au monde, devant l’espagnol, avec plus de 170 millions d’apprenants du et en français. Il est aussi la langue officielle de 36 pays.

En 2024, plus de 170 millions d’élèves dans 36 pays à travers le monde ont reçu un enseignement en français ou ont appris le français en milieu institutionnel, dans des contextes de français langue maternelle (FLM) ou de français langue seconde (FLS). Le nombre d’apprenants de français langue étrangère (FLE) dans le monde est, quant à lui, estimé à environ 51 millions d’apprenants.

Rester désormais à corriger les paradoxes. Le français croît dans la démographie mais demeure sous-dimensionné dans les infrastructures numériques, avec seulement 4 % des contenus publiés sur Internet, contre 24 % pour l’anglais, même s’il s’agit désormais de la 4e langue sur Internet. Sur le plan institutionnel, l’OIF rappelle que le français est l’une des deux langues de travail du Secrétariat de l’ONU et une grande langue de la diplomatie multilatérale. Il constitue aussi un levier économique concret par l’accès à l’emploi, la mobilité académique et l’appartenance à des réseaux d’affaires. Par ailleurs, le français est 3e langue des affaires mondiales, associée à 20 % du commerce mondial, avec un rôle croissant dans les écosystèmes juridiques et commerciaux africains, notamment autour de l’OHADA et des dynamiques d’intégration régionale.

Le rapport 2026 précise que l’écart entre les 321 millions en 2022 et les 396 millions en 2026 ne traduit pas une explosion soudaine du nombre de locuteurs. Il s’explique largement par une évolution de la méthode de comptage, avec l’intégration des enfants de 6 à 9 ans scolarisés en français dans les pays où le français est langue officielle, co-officielle ou principale langue d’enseignement. L’ancienne approche portait sur les personnes de 10 ans et plus capables de communiquer en français, pour un total de 348 millions ; la nouvelle méthode aboutit à 396 millions. Le rapport ajoute d’ailleurs que cette estimation reste prudente, certains groupes de locuteurs n’étant pas encore pleinement pris en compte.

 

 

 

 

Source : Financial Afrik

 

 

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