La ville de Rosso est-elle prête à jouer son rôle de métropole transnationale ?

Initiatives News – A l’occasion d’une rencontre informelle avec un groupe de journalistes de passage à Rosso, Mr Bamba Ould Daramane, maire de la ville a fait le point sur les grands défis auxquels fait face cette agglomération qui jouit d’une position stratégique.

Située sur la rive droite du fleuve face au Sénégal, elle constitue la principale porte d’entrée et un pont entre l’Europe, le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest.

Et avec le pont en construction qui devrait être fonctionnel en 2027, la ville devra se préparer aux flux massifs de personnes et de marchandises, une pression sur les services qui sera démultipliée selon le maire.

A noter que la ville qui est situé à 85 Km du port de Ndiago se trouve également à quelques encablures du champ gazier GTA.

Face à ces grands défis, la ville de Rosso semble bien démunie et ne jouit toujours pas d’infrastructures à sa mesure.

Les infrastructures prévues dans le cadre du projet du pont, se font toujours attendre. Et jusque-là il n’y a aucun km de route bitumée.

La BEI et la BAD financent tous les aspects collatéraux mais ne financent pas les infrastructures. Mais, dans le cadre de la construction du pont, sur le cahier des charges 5 kms de bitume sont prévus.

En sa qualité de Président de l’Association des Maires de Mauritanie, le mare de Rosso a fait un diagnostic sans complaisance de la situation des mairies qui continuent depuis leur naissance à faire face aux écueils de la politique nationale de décentralisation.

La ville fait toujours face à des problèmes d’eau, d’électricité et d’accès aux services sociaux de base.

L’État ne semble pas pressé d’arrimer la ville aux normes standards. Quant à la mairie elle ne dispose pratiquement pas de moyens d’actions.

Malgré sa dimension cosmopolite et transnationale, la ville de Rosso ne déroge pas à la règle.

Le budget de la mairie se résume à 42 millions avec une enveloppe de 21 Millions versée tous les 6 mois. Les Ressources proviennent essentiellement des taxes et des redevances. Elles sont de ce fait très faibles car la mairie n’a pratiquement pas de services à proposer aux administrés en contrepartie de redevances.

Et pourtant, selon une étude de la GIZ, 45 milliards d’ouguiyas initialement destinées aux mairies seraient éparpillés au niveau des différents départements étatiques.

Autre anomalie, en Mauritanie le Fonds Régional de Développement (FRD) ne représente que 1% du budget contre plus 6% au Mali, au Sénégal et dans d’autres pas de la région.

Cette année, il y a une initiative visant à transférer aux mairies les budgets destinées à  l’éducation, la santé et l’environnement. Mais le dossier attend depuis 6 mois le feu vert du Premier ministre qui voudrait s’assurer de la capacité des mairies à gérer cet argent.

Malgré tous ces problèmes, le maire de Rosso affiche son optimisme et se félicite des actions positives accomplies avec notamment la  prise en charge des handicapés déclarés, avec travail et salaires à la mairie et les orphelins.

Au niveau de l’assainissement de la ville la GIZ a diligenté une étude et la brigade régionale de l’ONAS a remis en service et nettoyé tous les caniveaux et les a recouvert. Un travail énorme, s’est félicité Mr le maire.

En effet il y a eu un curage et un revêtement du réseau existant mais il n’y a pas eu d’extension.

Et pour le côté sombre du tableau il y a le problème de l’approvisionnement en eau de la ville qui continue à se poser, avec des villages sur le bord du fleuve qui ont soif.

Aujourd’hui la ville de Rosso est alimentée à partir du fleuve Sénégal avec une eau saumâtre . Le barrage est régulièrement perturbé mais il y a une station de traitement et l’eau pompée est potable malgré sa couleur.

 Il y a aussi le problème de la turbidité avec l’augmentation du volume du fleuve.

 La nouvelle station construite l y a 2 ans n’a pas réglé le problème.

Actuellement on mise sur un financement de la BAD pour un retour du pk17.

Les problèmes sont donc multiples mais le maire de Rosso compte sur les potentialités de la ville et sur une vision participative basée sur un partenariat donnant donnant.

Il compte sur des projets à valeur ajoutée tels que l’aménagement d’une corniche. La ville dispose d’une belle berge occupée par le Typha.

Ce projet commence déjà à prendre forme avec la finalisation des études pédologiques et du plan final.

Les bailleurs de fonds sont ainsi invités pour un partenariat PP.

Cela pourrait être à l’ordre du jour à l’occasion du forum des bailleurs de fonds  prévu cette année à Rosso pour créer des synergies.

Il y a aussi le Plan de développement local financé par la GIZ et la Banque Mondiale.

Ainsi, la ville de Rosso qui ne sera seulement une simple ville mais une métropole ouverte vers extérieur mérite toute l’attention du gouvernement.

Et il y va de l’intérêt du pays.

 

 

Bakari Gueye

 

 

 

Source : Initiatives News (Mauritanie) – Le 01 avril 2026

 

 

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