La marine marocaine intercepte une pirogue avec 201 migrants subsahariens

Info Migrants – Une pirogue avec 201 migrants à son bord a été interceptée samedi par la marine royale marocaine. Partie de Gambie, elle faisait route vers les îles Canaries.

C’est au large de Dakhla, au Sahara occidental – un territoire disputé et contrôlé en grande partie par le Maroc – qu’une pirogue a été interceptée, samedi 29 août, par la Marine royale marocaine. À son bord, 201 migrants tentaient de rejoindre les îles Canaries, selon un communiqué des autorités relayées par l’agence de presse marocaine (MAP).

Toujours selon la MAP, les personnes secourues, parmi lesquelles figuraient des femmes et des mineurs, ont été ramenées saines et sauves au village de pêche Roc-Chico (190 km au sud-ouest de Dakhla).

 

Selon l’agence de presse sénégalaise (APS) citant les autorités marocaines, l’embarcation était partie de Gambie avec une majorité de Guinéens, des Sénégalais, dont 2 femmes et 1 enfant, des Ivoiriens, des Maliens et des Gambiens.

Après avoir reçu les soins nécessaires à bord, elles ont ensuite été « confiées à la Gendarmerie Royale pour l’accomplissement des procédures administratives d’usage’’, a fait savoir l’armée marocaine.

Mercredi, une autre pirogue, partie également de la Gambie, avait été interceptée avec à son bord 193 candidats à l’émigration, dont 75 de nationalité sénégalaise, selon l’APS citant une source diplomatique.

Le consulat général du Sénégal à Dakhla a annoncé l’envoi d’une mission au centre d’accueil de Bir-Guindouz, situé à environ 300 kilomètres au sud de Dakhla, afin de procéder à l’identification des Sénégalais interceptés.

Longue et mortelle route migratoire

La distance entre les côtes ouest-africaines et les Canaries est de plus de 1 000 km. Les vents violents et les forts courants rendent la traversée très risquée. De nombreux témoignages rapportent les périls du voyage, soumis aux aléas météorologiques, aux avaries de moteur, à la soif et à la faim.

Selon l’ONG espagnole Caminando Fronteras, 1 906 migrants sont morts ou ont été portés disparus sur cette route en 2025. La grande majorité était partie de Mauritanie. L’année précédente, Caminando Fronteras décomptait 9 757 décédés ou disparus sur cette route (soit la quasi-totalité des décès en mer vers l’Espagne cette année-là).

Mi-juillet, 143 personnes sont mortes ou ont été portées disparues dans l’Atlantique au large de la Mauritanie, a rapporté le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). L’embarcation dans laquelle elles se trouvaient a dérivé pendant près de 25 jours et seuls 38 migrants ont été secourus.

Pour le HCR, ces drames rappellent que « la route atlantique reliant l’Afrique de l’Ouest aux îles Canaries demeure l’un des corridors migratoires mixtes les plus meurtriers au monde ».

D’autant que pour éviter les contrôles, les exilés partent de plus en plus loin. « On note une augmentation des départs de Gambie, mais aussi plus au Sud, de Guinée-Bissau et de Guinée », expliquait fin septembre 2025 auprès d’InfoMigrants Delphine Perrin, spécialiste des politiques migratoires africaines. « Ce déplacement est de nouveau dû au resserrement d’autres voies migratoires », assurait-elle, évoquant les durcissements des contrôles au Maroc « et plus récemment en Mauritanie et au Sénégal ».

Le rallongement de la route des Canaries signifie aussi plus de risques. « La distance est importante, ce qui accroît les risques de se perdre en mer, de chavirer ou de souffrir de la faim, de la soif ou de malaise, (et) le comportement des passeurs peut accroître le danger », rappelait la chercheuse.

 

 

Source : Info Migrants (France)

 

 

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