La visite du maire de Kaédi, Demba Ndiaye, à l’ancien ministre de l’Intérieur, Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine, pour le remercier et le féliciter pour les services rendus au pays, soulève une question essentielle : peut-on saluer le bilan d’un responsable public sans évoquer les événements douloureux survenus sous son mandat ?
Le 2 juillet 2024, au lendemain des manifestations postélectorales, quatre jeunes hommes sont morts en détention à Kaédi : Mbaré Abdoulaye Diop, Harouna Mody Diallo, Abbas Hamady Samba Niang et Amadou Diobel. Derrière ces noms, il y a des familles endeuillées, des vies brisées et une attente de justice qui ne peut être reléguée au second plan.
Ces décès sont survenus alors que Mohamed Ahmed Ould Mohamed Lemine occupait le poste de ministre de l’Intérieur. Rappeler cette réalité ne signifie pas lui attribuer, sans preuves, une responsabilité pénale individuelle. Cela signifie néanmoins interroger le bilan institutionnel de cette période, les obligations de l’État en matière de protection des personnes détenues et les suites données aux demandes de justice des familles.
Dès lors, le geste du maire pose une question de responsabilité morale et politique. En tant qu’élu local, représentant d’une ville profondément marquée par ces événements, son devoir de mémoire envers les victimes mérite autant d’attention que ses marques de reconnaissance envers les anciens responsables publics.
Ousmane Hamed Doukouré Alias Douks La Panthère
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