Courrier Expat  – De nombreux immigrants aux États-Unis candidats à la naturalisation se trouvent plongés dans l’incertitude depuis des mois à cause des dernières mesures prises par l’administration Trump.

Aux États-Unis, “le chemin vers l’acquisition de la citoyenneté américaine par naturalisation devient de plus en plus épineux”, constate El País. Le quotidien a notamment recueilli les témoignages d’immigrés cubains installés de longue date dans le pays et d’avocats spécialisés.

Pour décrocher la citoyenneté, les immigrants ayant la résidence permanente depuis au moins cinq ans doivent passer avec succès un examen censé évaluer leurs connaissances sur l’histoire et les institutions américaines ainsi que leurs compétences en anglais.

Mais en 2025, les services de la citoyenneté et de l’immigration des États-Unis (USCIS) ont mis en place une nouvelle version, plus difficile, du test de naturalisation. “Il comporte désormais 128 questions au lieu de 100 et le nombre de questions posées lors de l’entretien oral est passé de 10 à 20 – auparavant, 6 bonnes réponses suffisaient pour réussir, il en faut maintenant au moins 12”, précise El País.

La procédure comprend également une enquête sur les antécédents des demandeurs visant à “vérifier leur droit de séjour, leur moralité et leur intégration au mode de vie américain”. Les entretiens des services de l’immigration avec les voisins et les employeurs sont désormais plus approfondis. À ces aménagements s’ajoute la suspension de toutes les demandes de visa et de naturalisation de la part des ressortissants d’un certain nombre de pays considérés comme “à hauts risques” dont la liste ne cesse de s’allonger.

Wilfredo Allen, un avocat basé à Miami, indique que plusieurs de ses clients ont vu leurs entretiens avec des agents de l’USCIS ou leur cérémonie de naturalisation reportés. L’administration tente également de révoquer la citoyenneté de certains immigrants naturalisés et de mettre fin au droit du sol pour les enfants d’immigrés nés aux États-Unis – des dispositions que plusieurs juges fédéraux ont bloquées.

Autant de mesures qui semblent faites pour “décourager la naturalisation et créer un climat d’intimidation”. Depuis 2019, le nombre de naturalisations oscillait chaque année entre 800 000 et 900 000, “une dynamique qui se heurte désormais aux politiques de l’administration Trump”, souligne El País.